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Caroline Chen (Atom Travel) : « Il y a des risques pour le secteur »

Ceux qui avaient déjà réservé pour des croisières se retrouvent dans l’obligation de reporter leur séjour, qui n’est pas remboursable

Les agences de voyages continuent d’offrir un service optimal et d’être à la disposition de leurs clients en ces temps de confinement. Si le travail, certes, diminue, du fait de la fermeture des frontières, les agences qui travaillent de chez elles continuent toutefois à gérer la situation en cette période.

Remboursements, annulations, reports de voyage… Les droits des voyageurs français varient en fonction de leur situation. « Nous sommes dans une situation difficile, le secteur en entier est à l’arrêt. Même avec la fin du confinement à Maurice, il nous faudra encore beaucoup de temps pour instaurer la confiance des voyageurs », affirme Umarfarooq Omarjee, directeur exécutif d’Omarjee Aviation.

Plusieurs Mauriciens avaient déjà réservé pour voyager durant avril, mois qui marque les vacances scolaires. Certains avaient profité des promotions de fin d’année et d’autres des forfaits proposés par les agences de voyage sur différentes destinations. Depuis la fermeture des frontières et l’incertitude quant à la durée du confinement, les clients ont dû annuler leur voyage ou reporter les dates de ceux-ci. Les agences font cependant de leur mieux pour venir en aide à leurs clients et leur proposer l’option qui leur convient le mieux.

En cette période, les activités ont drastiquement chuté et les agences disent craindre pour l’avenir de leur business. Il est temps d’élaborer des stratégies face à l’évolution de la maladie, qui change au fil des heures. Les passagers dont le vol a été annulé sont parmi les plus chanceux, car il leur a été directement proposé un remboursement. Les passagers ayant réservé un voyage à forfait via un tour-opérateur se voient, eux, proposé de reporter, modifier ou annuler leur voyage gratuitement, et de demander le remboursement des sommes versées.

Caroline Chen, directrice d’Atom Travel, souligne que les agents sont toujours « on call » et « sont là pour aider les clients ». Elle poursuit : « Il n’y a pas de vol en ce moment, et donc le travail a beaucoup diminué. Beaucoup de personnes avaient prévu de voyager durant cette période de vacances. Ceux qui se voient offrir la possibilité d’annuler leur voyage avec une pénalité le font, alors que d’autres ont tenté de reporter leurs dates. Cependant, ceux qui avaient réservé pour des séjours de croisières sont dans l’obligation de les reporter car les croisières ne sont pas remboursables. Nous suivons de près la situation et nous sommes en contact avec les clients. » La directrice d’Atom Travel souligne que le secteur est « dans une situation incertaine » et que face à cette incertitude, « il y a des risques ».

Le directeur exécutif d’Omarjee Aviation indique pour sa part que, depuis janvier, il y a eu une série d’annulations vers l’Asie. « Il a fallu réorganiser les destinations et aujourd’hui, le secteur en entier est à l’arrêt », dit-il. Et d’ajouter : « Il y a beaucoup de pertes, mais le gouvernement a pris une décision importante. 75% des avions à travers le monde sont au sol. Des avions sortent uniquement pour les provisions et les équipements médicaux. Le secteur est totalement à l’arrêt et la situation deviendra de plus en plus compliquée », souligne Umarfarooq Omarjee.

Ce dernier estime qu’une fois la crise sanitaire passée, le secteur touristique, et plus précisément les agences de voyage, prendront « encore plus de temps pour se remettre de cette crise » car, dit-il, « il faudra réinstaurer la confiance des voyageurs » à l’effet qu’ils peuvent voyager en toute sécurité vers une autre destination. À noter qu’Omarjee Aviation a mis à la disposition de ses clients une « hotline » pour répondre à leurs questions et gérer les annulations et reports.