Comme c’est le cas à Maurice, les Réunionnais ont droit à leur conférence de presse quotidienne sur la pandémie de COVID-19 qui sévit également dans l’île sœur. Conférences de presse qui se tiennent à la Préfecture de La Réunion devant un parterre de journalistes en live et in situ, tel que cela se faisait au tout début de la série de conférences de presse au Prime Minister’s Office du Treasury Building.

Lors du point de presse du vendredi 3 avril, le préfet de La Réunion, Jacques Brillant, a fait état de la situation dans l’île et a donné un compte rendu sur la lutte que mènent les autorités réunionnaises contre l’épidémie. Il avait à ses côtés, la directrice générale de l’Agence Régionale de Santé (ARS) de la Réunion, Martine Ladoucette. Parmi les questions abordées, celles d’une journaliste de RIL (Radio des Iles) concernant les services de santé à Maurice : « Comment expliquer que la situation à La Réunion n’est pas aussi grave qu’à l’Ile Maurice avec déjà 7 décès, alors qu’à La Réunion uniquement, deux personnes en réanimation, 0 décès et 2 cas autochtones ? »

À cela, Martine Ladoucette a répondu : « Je crois qu’on peut quand même dire et se satisfaire effectivement du fait qu’à La Réunion, nous avons un système de santé solide. Nous avons par ailleurs mis en place des mesures qui convenaient pour que, dès le départ, des personnes puissent se manifester auprès du SAMU et donc prises en charge ensuite par le CHU comme on l’a souvent expliqué et donc, à partir de là, nous avons un système qui fait toutes ses preuves, y compris en situation de crise. J’ose dire que le système de santé mauricien est peut-être plus lacunaire et manque sans doute un peu plus de moyens de prise en charge ».

Elle relève par ailleurs que « pourtant, on se souvient que l’Ile Maurice avait beaucoup communiqué sur l’intérêt de la prise en charge de température à la sortie de l’aéroport alors que nous étions convaincus que ce n’était pas le point essentiel de la prévention bien au contraire et tout ce que nous avons mis en place effectivement, en tout cas pour le moment nous permet de maîtriser l’épidémie et ses effets. »

Cette intervention de la directrice générale de l’Agence Régionale de Santé (ARS) est pour le moins cinglante car elle met en porte à faux toute la stratégie que le gouvernement a mis en place pour combattre la progression du virus. Comme dit le proverbe, c’est au pied du mur qu’on voit le maçon. Les chiffres officiels émanant des services de santé de La Réunion sont là et ils révèlent ce qu’ils révèlent, une certaine efficacité qui, somme toute, peut être relative car les contextes sont différents.

Cependant, la stratégie du gouvernement a été de contrôler les températures à nos frontières et non de les fermer au préalable. Des études avaient pourtant révélé qu’une personne infectée par le Covid-19 est susceptible de ne pas présenter des symptômes de fièvre.

À noter que lors de son intervention le 17 mars, Martine Ladoucette avait mis en avant les points importants qui mobilisent l’ARS pour lutter contre l’épidémie, à savoir :
• Renforcement des moyens du SAMU pour garantir une réponse efficace à chaque personne qui se pose des questions de nature médicale ;
• Recherche active de toutes les personnes qui ont été en contact avec les personnes contaminées ;
• Prélèvements réalisés dans les meilleures conditions (rapidité de prise en charge des patients et sans risque de propagation) ;
• Prélèvements à domicile pour certaines personnes (personnes âgées, fragiles) ;
• Renforcement des capacités d’hospitalisation en réanimation ;
• Préparation de la médecine de ville (pour les cas non sévères).