Le Minority Leader, Franceau Grandcourt, dénonce « le silence et l’absence de réactions de la part de l’OPR »

Le Minority Leader à l’Assemblée régionale de Rodrigues Franceau Grandcourt, qui siège avec son équipe sous la bannière de l’Union du peuple de Rodrigues (UPR), a tenu à exprimer ses inquiétudes, ainsi que celles du peuple rodriguais, par rapport à la COVID-19 (Miscellaneous Provisions) Bill, voté à l’Assemblée nationale vendredi dernier. Il dénonce « le silence et l’absence de réaction » du gouvernement régional, ainsi que ceux des deux députés siégeant à l’Assemblée nationale, le PPS Francisco François et Buisson Léopold, sur la question.

Pour Franceau Grandcourt, l’heure est grave. « Au sein de l’UPR, nous avons beaucoup d’appréhensions concernant cette COVID-19 Act. Il se peut que ce soit parce qu’il n’y a pas du tout eu d’explications par rapport à ce texte de loi. On se demande comment l’exécutif de l’Assemblée régionale réagit par rapport à cela. Au sein de la minorité, nous avons beaucoup d’interrogations. Les autorités locales n’ont même pas pris la peine d’exprimer leur position sur la question. Et cela suscite beaucoup de questions et d’inquiétudes au sein de la population. Rodrigues est représentée par deux élus au sein de l’Assemblée nationale et, jusqu’à maintenant, personne n’entend parler de leur prise de position. Coronavirus oblige, c’est vrai, mais ils auraient dû sortir de l’ombre et exprimer leur position. Il est important qu’ils viennent rassurer la population », dit-il.

Il se demande si, étant « COVID Free », Rodrigues n’aurait pas dû être exemptée par rapport à certaines mesures contenues dans cette loi. Il se demande aussi si les autorités régionales ont eu des échanges avec les autorités centrales et le bureau du Premier ministre avant de « met tou dimounn dan mem panie ». Il poursuit : « Est-ce que le conseil exécutif a discuté de la chose ? Parce que le conseil exécutif a le droit de discuter de tout ce qui se passe à Maurice, surtout quand Rodrigues est directement concernée. C’est un gros problème. Dans l’article 40 de la RRA Act, il est stipulé que le chef commissaire a le droit d’informer le Premier ministre sur les « issues pertaining to Rodrigues ». Et le Premier ministre a le droit d’inviter le chef commissaire pour discuter de certaines « issues ». Ce qui n’est visiblement pas le cas. Avec le confinement, nos deux élus ne sont pas à l’Assemblée nationale, mais nous avons l’impression que s’ils y étaient, ils auraient voté en faveur de cette loi ! » s’indigne Franceau Grandcourt.

Selon lui, « l’histoire retiendra ce qu’il ressort de leurs actions », car « si to pa dir narnien, sa ve dir to dakor », dit-il. Concluant que « la balle est dans leur camp », il leur demandant de venir devant la population pour expliquer quelle est leur position face au Covid-19 Bill qui, selon le Minority Leader, « n’est pas en faveur des Rodriguais, car la population a beaucoup d’appréhensions » face à ce projet de loi.

Dans la même foulée, les membres de l’UPR ont effectué une « site visit » des sites de travaux de drains à Camp-du-Roi, et qui concernent le tronçon de route reliant Mt Charlot à Port-Mathurin. À noter qu’à chaque grosse pluie, les habitants de Fond-Camp-du-Roi font face à de gros inconvénients. « C’est tout le temps la même chose. Later ki sorti lao kot bannla pe fer simin desann dan nou lakaz sak fwa ena lapli. Tou bann lotorite o kouran sa problem-la. Be gete, ou mem ou trouve la, ou ti pou dakor avek sa ou ? Depi o mwin sink an nou gagn sa problem-la. Inn fatige koze. Ki sin bizin priye ? » demande un villageois.
Face à cette situation, Franceau Grandcourt réagit. « Nou finn deside pou vinn get inpe seki bann vilazwa pe dir nou. Zot pe soufer ek personn pa ekout zot. Si nou finn vinn dan Kan di Roi zordi pou vinn get sitiasion-la, se apre plizir konplint ki bann abitan finn fer konsernan bann drin ki pe ranze. Je pense que les autorités n’écoutent pas du tout les habitants de la région. Ils savent pourtant mieux que quiconque comment faire les choses afin de leur éviter autant de désagréments », dit-il, bien qu’admettant qu’il est « bien de faire des drains ».

Cependant, reprend-il : « Il y a des lacunes, et si vous regardez là où vous mettez les pieds à l’instant même, c’est incroyable. Ces habitants-là vivent dans la boue et la vase tous les jours. Et cela dure depuis des années. Il faut prendre en considération les conseils de villageois, car ce sont eux qui savent mieux comment gérer le problème. Nous allons porter cette affaire au Parlement prochainement en posant des questions pour avoir des réponses. Parce que nous avons l’impression que ce projet a été mal ficelé, en ne prenant pas en compte les conseils des villageois. »