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Un amendement qualifié de « sournois » dans les officines des pharmacies fait partie du COVID-19 Omnibus Bill, qui sera débattu à partir de demain à l’Assemblée nationale. Ainsi, la clause 35 de la Pharmacy Act est amendée en vue d’établir un calendrier très serré, avec en ligne de mire l’octroi de permis pour la construction d’une unité de fabrication de produits pharmaceutiques, notamment dans l’est de l’île. Les détails de ces amendements sont enfouis aux pages 56 et 57 des 84 pages du projet de loi, piloté par le Premier ministre, Pravind Jugnauth.

Les nouveaux délais imposés aux instances compétentes pour se prononcer sur tout projet de production de médicaments à Maurice sont notamment un maximum de 15 jours au Planning Committee quant à la viabilité du projet et cinq jours au Board pour le feu vert de même que 21 jours au Trade and Therapeutics Committee pour la validation des médicaments à être produits.

Le Timing et l’urgence de cet amendement à la Pharmacy Act en pleine pandémie de coronavirus suscitent des interrogations quant aux Undertones politiques dans les milieux professionnels. Ainsi, les débats sont alimentés sur deux plans, notamment la construction de l’unité de fabrication et le « delivering of quality products ».

Le délai de 20 jours pour le permis de construction est en nette contradiction avec les pratiques en vigueur au niveau de l’Organisation mondiale de la santé, notamment entre trois et six mois. « Timelines cannot be fixed as the processes of granting licenses for the building of factory and license to manufacture pharmaceutical products are complex », indique-t-on à cet effet. Et de souligner que pour l’étape de validation d’un projet « the setting up of a manufacturing plant and the manufacturing process relies upon numerous documents based on the validation in terms of equipment, installation, operational, SOPs and performance ».

Subséquemment, il y a les aspects d’Accountability et de Quality Control des médicaments manufacturés à assurer. « Compliance with WHO Good manufacturing Practice infers that the manufacturer must assume accountability for the quality of the pharmaceutical products to guarantee that they are fit for their expected use, comply with the requirements of the marketing authorization and do not place patients in danger because of insufficient safety, quality or efficacy », fait-on comprendre.

En ce qui concerne le contrôle de la qualité même des médicaments, il est question de « the need for the products locally manufactured to be assessed with internationally recognized standards and duly certified by a WHO recognized accredited Quality Control (QC) Laboratory as there is no facility to carry out this assessment locally ».
Le nom de ce groupe intéressé à investir dans le secteur pharmaceutique circule déjà alors que les Side Effects de cet amendement à la Pharmacy Act devront se faire sournoisement sentir sur le plan politique…