Une aide-soignante a été contaminée au COVID-19 après avoir, avec une équipe, prodigué des soins à un High Profile Patient testé positif. Cette mère de famille tire la sonnette d’alarme. Dans un cri du cœur, elle demande aux autorités que « des tests soient faits sur les membres des services essentiels de manière régulière, afin de nous éviter de telles mauvaises surprises ».

C’est le calvaire que subit cette aide-soignante et « toute ma famille ces derniers jours. » Elle raconte : « affectée dans une Flu Clinic dans cet établissement hospitalier du pays, j’étais de service quand le patient X, une High Profile Personality, est venu se faire soigner. Jusque-là, pas de souci. Mes collègues et moi, nous nous sommes occupés de lui et nous avons suivi toutes les procédures d’usage. »

Quelques jours de cela, cette aide-soignante tombe des nues quand elle apprend que « le patient a été testé positif au COVID-19 ». « Instinctivement, j’ai réagi comme selon les règles, que j’ai apprises dans mon métier : ‘monn al fer enn tes depistaz’.  La mauvaise nouvelle est tombée, cette semaine : je suis positive au COVID-19. »

Immédiatement, elle a alerté la hotline du ministère de la Santé et « mon époux, mes enfants et moi-même avons été pris en charge, à partir de là. »

Elle fait comprendre que « c’est une expérience extrêmement traumatisante et stressante. A la fois pour ma famille, évidemment, parce que je leur ai peut-être transmis le virus. Et je ne peux m’empêcher de penser à mes collègues. Je n’ai pas eu le temps de leur parler et savoir s’ils ont été se faire tester, par prudence, comme j’ai souhaité le faire. Mo gayn boukou traka kan mo panse ki, san mo kone monn kontamine ek mo espere mo pa finn transmet viris-la lezot dimounn ! » D’autant, précise-t-elle, que « je n’avais aucun symptôme au moment où j’ai appris que le patient avait été testé positif ! C’est uniquement par réflexe professionnel que j’ai réagi et que j’ai été me faire tester. Get rezilta aster… »

Cette professionnelle de la santé se demande pourquoi « est-ce que le ministère de la Santé n’établit pas un protocole pour nous, les Frontliners ? On entend régulièrement le ministre saluer notre travail. Bien bon tousala. Me nou la sante en jeu ! » Elle continue : « pourquoi ne met-on pas en place un système de tests routiniers destinés aux membres des personnels des services essentiels, comme le personnel soignant, la police, qui ont affaire directement avec le public ? Combien d’entre nous sommes en train d’être infectés sans le savoir ? Combien d’entre nous ne faisons pas de tests, n’avons pas de symptômes et transmettons, sans le savoir, le virus ? C’est très grave ! »

Elle avoue qu’elle « ne s’attendait pas du tout à une aussi triste surprise. Nous faisons notre travail avec application et dévouement, surtout en cette période difficile. La moindre des choses, c’est que les autorités fassent le nécessaire. Un minimum ». L’aide-soignante et sa famille sont actuellement sous la responsabilité des autorités pour des examens approfondis.