Pour des parents et enseignants, le niveau du questionnaire d’examen de la langue arabe aux derniers examens du CPE « est si élevé que même des étudiants du SC ne pourraient en arriver à bout ! ». Tous en appellent aux autorités et au MES pour « qu’une décision soit prise. Chaque année c’est difficile, mais cette année, c’est le summum ! » Nombre d’enseignants, en colère, pointent du doigt le panel qui a la responsabilité d’élaborer le sujet de cette épreuve du CPE chaque année : « C’est toujours la même personne qui est à la tête et qui n’est jamais à l’écoute des profs. »
La colère gronde du côté des parents autant que des enseignants. Depuis la fin de la semaine dernière, tous sont « remontés contre ceux qui ont préparé le questionnaire comptant pour l’épreuve de langue “Arabic”. » Issus de régions diverses, de la capitale aux hautes Plaines-Wilhems, nombre de parents racontent que leurs enfants « étaient en larmes quand ils se sont rendus compte que le niveau était trop élevé ! Face à cette difficulté, à laquelle ils n’étaient pas du tout préparés, ils ont craqué et se sont mis à pleurer. »
Ce qui a « considérablement affecté nos enfants car, après l’arabe, ils avaient aussi l’épreuve de mathématiques à travailler. » Ces parents disent ne pas comprendre « pourquoi il fallait présenter un questionnaire aussi complexe aux enfants ! » Et de se demander si « pour les questionnaires dans les autres langues, le niveau était aussi élevé… »
Quelques enseignants de la matière qui ont été contactés par Le Mauricien estiment que « ce questionnaire est d’un tel niveau que même des étudiants en SC ne pourraient en venir à bout ! Cela nous choque vraiment. On ne comprend pas pourquoi les examinateurs ont poussé autant le bouchon. » Et de renchérir : « Chaque année, il y a un problème avec l’épreuve Arabic. Il y a toujours des difficultés et le niveau n’est pas celui recommandé par le Blue Print. »
Ces enseignants ajoutent : « Nous en avons nous-mêmes fait l’expérience et nous en avons fait part au panel qui élabore le questionnaire et parlé au responsable, mais on ne nous a jamais écoutés. C’est très dommage que ce soient les enfants qui fassent les frais d’un manque de réalisme de la part de ces examinateurs ! » Ils souhaitent que « le MES prenne les actions nécessaires. » Et soulignent que « nous n’avons pas un problème personnel contre le responsable. Mais nous questionnons son élaboration du questionnaire, en relation avec les efforts des enfants. »
Les répercussions de la difficulté de l’épreuve de langue arabe sur les enfants « seront graves », estiment les parents questionnés. « Après ce choc, les enfants avaient le questionnaire de mathématiques. Nous sommes sûrs qu’ils ont dû être affectés par la mauvaise surprise qu’ils ont eue et cela va certainement se refléter dans leurs résultats ! » Ces parents sont davantage inquiets car les points pour l’arabe sont comptabilisés pour le ranking des élèves.
« Ma fille m’a raconté comment l’élève la plus intelligente en langue arabe s’est mise à pleurer à chaudes larmes quand elle était en classe », fait ressortir ce parent habitant les hautes Plaines-Wilhems. « C’est une vraie catastrophe ! », renchérissent d’autres parents dont les enfants ont vécu le même « traumatisme. » Comme les enseignants, ces derniers souhaitent aussi que « le MES et le ministère de l’Éducation prennent des mesures afin que nos enfants ne soient pas pénalisés. »
L’épreuve d’arabe se compose de huit exercices à réaliser en une heure et quarante-cinq minutes. Introduite depuis la fin des années 70 dans le cursus scolaire, elle est devenue une matière comptant pour le CPE depuis les années 80.