La disponibilité d’un service régional de transport aérien à faible coût, de fréquences accrues des liaisons maritimes accompagnées d’un taux de fret compétitif et le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication pour une meilleure connectivité entre les îles constituent des éléments-clé pour la mise en place d’un corridor commercial dans la région du sud-ouest de l’océan Indien. Telle est la principale conclusion à laquelle sont arrivés les participants à la conférence organisée conjointement cette semaine par la Mauritius Export Association et la Commission de l’océan Indien à l’hôtel Le Labourdonnais.
Comprenant diverses interventions de spécialistes locaux et étrangers, la conférence, qui a pris fin hier après-midi, a permis aux représentants des îles membres de la Commission de l’océan Indien (COI) de se pencher sur les enjeux du développement économique de la région, les barrières à l’expansion du commerce intrarégional (qui ne représente qu’environ 4 % des échanges totaux des pays concernés), la nécessité de mettre en place des services logistiques pointus et compétitifs, la promotion de la sous-région en tant que hub commercial, les opportunités d’investissement et de développement des affaires dans la région et la voie à suivre pour créer un corridor commercial.
L’ébauche des observations et recommandations de la conférence présentée par Raj Mohabeer, chargé de mission à la COI, présente les transports aérien et maritime régionaux et les Technologies de l’information et de la communication (Tic) comme les piliers du projet de création d’un corridor commercial dans le sud-ouest de l’océan Indien et souligne que ces piliers doivent être considérés dans un système intégré et multifonctionnel. La création d’un corridor commercial a pour objectif de développer une connectivité appropriée entre les îles de la sous-région avec le continent africain et le reste du monde incluant la mise en place des trade routes entre l’Asie et l’Afrique.
Avec un tel corridor commercial, les îles du sud-ouest de l’océan Indien disposeront d’un cadre (en termes d’infrastructures physiques, de logistique, de réglementations, de stratégies politiques et d’abolition des barrières non tarifaires) pour pouvoir saisir de nouvelles opportunités commerciales dans d’autres marchés, tout en améliorant leur accès à ces marchés et en réduisant les coûts de transport et de connectivité.
Libéralisation de l’accès aérien
La conférence n’a pas manqué de noter que les coûts des transports aérien et maritime ainsi que les frais de connectivité dans la sous-région sont très élevés et non compétitifs quant à ce qui est pratiqué ailleurs. Se référant au transport aérien régional, l’ébauche de conclusions fait ressortir ceci : « Public air fares offered within the region are high compared with other regions while at the same time available capacity is restricted. » Plusieurs facteurs sont responsables de cette situation, souligne-t-on : les taxes et autres charges gouvernementales, des accords aériens « old style » et des accords de partage de sièges non compétitifs. La conférence invite les pays concernés à étudier la possibilité de se lancer dans une politique de libéralisation de l’accès aérien, d’un service de « cabotage » dans la sous-région au niveau du fret aérien et des services courriers, voire l’établissement d’un « low cost carrier » pour satisfaire les besoins des îles.
Concernant le transport maritime, les participants ont constaté que les coûts du fret et de manutention sont élevés comparativement à ce qui est en vigueur dans d’autres régions. De plus, les capacités disponibles et les fréquences des navires sont faibles. « There is no regional shipping line regularly connecting islands, and links with mainland Africa remain sporadic in relation to limitations of present trade volumes », observent les participants. La conférence propose qu’on diagnostique les contraintes majeures de chaque pays que ce soit au niveau des infrastructures portuaires, des modes de transport, des barrières légales, des problèmes environnementaux, de la piraterie, des méthodes de travail et des normes d’inspection. L’option de création d’un service de cabotage dans le domaine du transport maritime doit par ailleurs être étudiée.
« ICT related prices remain uncompetitively high compared with other regions, even if international connectivity has improved immensely with the arrival of the new submarine cable systems », notent les participants. La conférence appelle les pays concernés à faire des services des Tic un moteur du développement des affaires et de la compétitivité des économies dans la sous-région. Il faut, souhaite-t-on, rendre l’investissement dans les Tic plus attrayant et viser une réduction des coûts. La réglementation du secteur doit avoir pour objectif un accès non discriminatoire aux réseaux et les parties prenantes se doivent de créer un level playing field et harmoniser leurs structures et politiques afin qu’elles soient conformes aux meilleures pratiques internationales.
La conférence demande par ailleurs aux pays membres de la COI d’approfondir la réflexion sur le développement du concept de corridor commercial et d’envisager ensuite la mise à exécution d’un tel projet en impliquant les différents partenaires du développement dans la région. La COI annonce qu’elle développera un mécanisme pour suivre de près les progrès dans la mise en place de ce corridor commercial.