Dans le cadre de la mise sur pied d’un syndicat au sein de la force policière, les initiateurs du mouvement – l’inspecteur Hector Tuyau et le sergent Jaylall Boojhawon – ont été appelés à fournir, jeudi de la semaine dernière, des renseignements supplémentaires exigés par les parties défenderesses, à savoir l’État et le commissaire de police.
Il faut rappeler qu’en vertu des lois en vigueur depuis le temps des Britanniques, les policiers n’ont pas le droit de se regrouper dans un syndicat et doivent canaliser toutes leurs revendications et doléances à travers la Police Federation qui, elle, tombe sous la tutelle du commissaire de police.
Dans un affidavit soumis en huit points, jeudi, aux parties défenderesses, les plaignants soutiennent que la Police Federation n’a pas de «bargaining power» et «collective bargaining power» pour exercer une quelconque influence sur les parties défenderesses. Car, (a) elle demeure en tout temps sous le «control, whims, and caprices» du commissaire. Celui-ci est, en effet, derrière les règlements de ladite Fédération, incluant la date des réunions ainsi que les thèmes devant être débattus, (b) les procès-verbaux des rencontres sont envoyés au commissaire pour que les exigences puissent être traitées mais au cas où les revendications ne sont pas reçues favorablement, ladite Fédération ne dispose d’aucun pouvoir pour faire pression et les demandes sont alors vouées à l’échec, (c) en vertu du Police Standing Orders, la Fédération ne peut discuter sur des sujets importants tels que les promotions, les transferts, le salaire, la pensions et les conditions de travail qui ont toujours été sources de frustration au sein de la force policière, (d) il n’y a pas de rencontre entre la Fédération et le commissaire de police en vue de négocier des accords relatifs aux conditions de travail, au barème des salaires, aux heures de travail, à la formation, à la santé, à la sécurité, aux heures supplémentaires, entre autres, (e) conformément à l’article 17 du Police Act, aucun officier ne doit être membre d’un syndicat de salariés ou d’une association ayant pour «objects the control or influence of the pay, pensions or conditions of service of the Police Force, and if he/she does so, he/she commits an offence.»
De plus, l’article 17 du Police Act stipule que la Fédération doit être indépendante et ne doit pas s’associer à aucune organisation or individu en dehors de la Force Policière, (f) la Fédération n’est jamais invitée à des comités tripartites mis sur pied par le gouvernement pour des négociations, incluant le taux de compensation des salaires, (g) la Fédération n’est jamais invitée à des forums nationaux et internationaux pour discuter des problèmes qui affectent leur carrière professionnelle au jour le jour, (h) le commissaire a toujours le dernier mot et la prérogative dans tous les domaines et a le pouvoir d’obliger la Fédération à se plier à ses exigences.
L’affaire sera appelée le 8 juillet prochain pour être entendue pour que les parties défenderesses donnent leur «stand.» Les plaignants sont défendus par les avocats Mes Rama Valayden et Nilkant Dulloo et l’avoué Me Kaviraj Bobhooree.