Les opérateurs du secteur touristique ont été les seuls jusqu’ici à prendre avantage de la ligne spéciale de crédits en devises que la Banque de Maurice (BoM) a mise à la disposition des banques commerciales en vue de prêts aux entreprises, en particulier celles tournées vers l’exportation, affectées par un lourd endettement et touchées par la persistance de la crise dans leurs marchés.
Avec le dernier décaissement annoncé la semaine dernière par la BoM en faveur de Bank One, le montant approuvé par les autorités bancaires a atteint 38,6 millions d’euros (un peu plus de Rs 1,5 milliard) alors que les provisions initiales concernaient une enveloppe de l’ordre de 600 millions d’euros. La Mauritius Post and Cooperative Bank (MPCB), Bank One, la Bramer Banking Corporation, la State Bank of Mauritius et AfrAsia Bank sont les institutions ayant eu recours à la ligne spéciale de crédits en devises pour le compte de leurs clients respectifs. La MPCB avait été la première à se manifester en août 2012.
Lors du lancement de la ligne de crédits en juin 2012, la BoM avait laissé comprendre qu’elle s’inquiétait que les opérateurs économiques soient affectés par le déséquilibre entre les devises en lesquelles leurs revenus sont libellés et le montant de leurs dettes en roupies. Une telle situation pouvait, selon les autorités bancaires, déboucher sur des difficultés de remboursement des dettes, avec des effets négatifs sur leurs bilans ainsi que sur ceux de leurs créanciers, notamment les banques locales.
Les crédits de l’ordre de 600 millions d’euros pouvaient être décaissés en trois devises principales : le dollar, l’euro et la livre sterling, selon l’option choisie par les clients des banques.
Par ailleurs, lors de sa dernière conférence de presse, tenue mardi, le gouverneur de la BoM, Manou Bheenick, a déclaré que les opérations de reconstitution des réserves par la banque centrale ont produit des résultats. La BoM a ainsi vu ses réserves passer la barre de Rs 100 milliards le mois dernier. Mais, a souligné Manou Bheenick, il y a des coûts associés à ces opérations. La BoM, a-t-il précisé, a effectué des achats nets de l’ordre de 300 millions de dollars depuis la mi-2012. Le retour sur ces investissements se situe entre 0,2% et 0,5%. En contrepartie, pour les roupies qu’elle doit éponger sur le marché dans le sillage de ces opérations d’achat de dollars, la BoM doit les rémunérer au taux variant de 4% à 6%%. « Il y a des instruments valant environ Rs 18 milliards qui doivent être rémunérés », a révélé le gouverneur.
« Il est clair qu’on devra cesser ces opérations d’achat de dollars pour la reconstitution de nos réserves. Nous n’avons pas les moyens de poursuivre avec une telle mesure. Cela risque de faire apprécier la roupie. Cependant, nous notons que la roupie est broadly in line with fundamentals. La roupie n’est pas surévaluée », a-t-il soutenu.