La deuxième audience de l’enquête préliminaire instituée sur l’assassinat de la touriste irlandaise Michaela Harte hier en Cour de Mapou présidée par la magistrate Sheila Bonomally a été marquée par la demande de la défense pour que l’époux de la victime soit mis à sa disposition pour le contre-interrogatoire. Cette exigence est motivée par la présence de traces de l’ADN de James John McAreavy sur un sac en plastique retrouvé dans la chambre.
Les avocats des accusés soulignent qu’il n’y aurait, selon le rapport d’ADN qui leur a été soumis lundi après-midi par la poursuite, pas de traces des suspects. Dans sa réponse, Me Medhi Choonee, qui dirige la poursuite, a déclaré que si la défense est intéressée par la présence de John McAreavy dans le box des témoins, elle est libre de l’assigner, pourvu qu’elle assume les frais de déplacement et de séjour du veuf.
En tout premier lieu, la magistrate Sheila Bonomally a rendu son ruling sur le point soulevé par Me Sanjeev Teeluckdharry ayant trait aux appréhensions de son client Avinash Treebohun sur le fait qu’il n’aurait pas affaire à un tribunal impartial. L’avocat s’était demandé si la magistrate ne devrait pas se récuser.
La magistrate Sheila Bonomally a rappelé les principes guidant une Cour de justice qui a pour mission de traiter des affaires d’ordre criminel de façon impartiale. Faisant état de la motion de remise en liberté conditionnelle présentée par l’accusé N°1 et rejeté par le tribunal – contrairement à celles d’autres suspects dans cette même affaire comme dans d’autres où ils ont été remis en liberté –, la présidente de la cour a rappelé que chaque cas est traité selon ses données propres. Elle a donc rejeté la demande de son retrait en soulignant que l’on est qu’au stade de l’enquête préliminaire. Et d’ajouter que c’est le DPP qui aura le dernier mot sur le sort des suspects et qu’il n’est aucunement lié à ses findings à elle.
À la suite de ce ruling, Mes Teeluckdharry et Navin Bhoyrul (avocat du suspect N°2, Sandip Moneea) ont demandé à la cour un certain temps avant de décider de la position qu’ils comptaient adopter. La demande a été accordée. C’est alors qu’ils ont formulé leur demande car John McAreavy n’avait pas été assigné alors que son nom figure sur la liste des témoins.
« It is surprising to note that a witness whose name is on the list of witnesses has not been summoned », a fait remarquer Me Bhoyrul. Ce à quoi Me Choonee a rétorqué que la poursuite est libre de ne pas convoquer une personne dont le nom figure sur la liste des témoins. « If the defense absolutely needs him, it can summon him at its own expenses ». Me Dick Ng Sui Wa, dont les services ont été retenus par les proches de la victime, a abondé dans le même sens.
Avant que la séance ne soit ajournée, Me Choonee a invité Me Ravi Rutnah, qui assiste Me Teeluckdharry pour la défense d’Avinash Treebhoohun, à se retirer. L’avocat du bureau du DPP a indiqué que son confrère avait envoyé au Complaints Investigation Bureau (CIB) une lettre dans laquelle il avait allégué que des officiers de la MCIT aurait utilisé la violence envers son client. Il a ajouté que des copies de cette lettre ont été envoyées aux diverses autorités compétentes. Me Choonee a également indiqué que le président du Bar Council sir Hamid Moollan a invité Me Rutnah à faire une déclaration en bonne et due forme à la CID, ce qui donnerait lieu à l’ouverture d’une enquête policière.
Me Teeluckdharry a vu dans cette démarche une tentative de vouloir « chop an arm » à la défense de l’accusé N°1, qui a choisi les avocats de son choix selon son droit constitutionnel. De son côté Me Rutnah a estimé qu’il a été choqué par la manière d’opérer des enquêteurs de la MCIT. Et de souligner qu’il « compte 13 ans d’expérience comme avocat assurant la défense des Droits de l’homme ».
Dans son ruling, la magistrate a observé que le tribunal n’est pas le forum approprié pour entendre ce genre de considération.
La prochaine audience aura lieu demain matin.