La décision de l’Office of the Director of Public Prosecutions (DPP) de ne pas loger de charge provisoire devant le tribunal de Curepipe contre la fille de 10 ans, impliquée dans le meurtre de Jocelyn Veerasamy, âgé de 51 ans, a été accueillie favorablement dans différents milieux. Cette démarche a également évité aux autorités policières de faire face à un véritable dilemme quant au lieu de détention provisoire prolongée de l’enfant en cas d’inculpation. Toutefois, compte tenu du fait qu’il s’agit de la première fois que le pays se retrouve avec une suspecte d’un si jeune âge, une véritable première en la matière, le débat sur l’âge minimal pour la détention provisoire gagne en intensité.
Après la comparution “In Camera” de la jeune fille devant le magistrat siégeant au tribunal de Curepipe au terme de la Juvenile Court et de la confirmation du représentant du DPP, Me Medhi Manrakhan, qu’aucune inculpation provisoire ne sera logée dans cette affaire, elle a été remise en liberté. Dans un premier temps, elle a subi un examen médical complet par le Chief Police Medical Officer, le Dr Sudesh Kumar Gungadeen, pour une première évaluation.
Par la suite, en cours d’après-midi, la fille de 10 ans, qui était sous le contrôle de la CID de la Central Division, a réintégré son milieu familial rue Derby, à Forest-Side. Des travailleurs sociaux, engagés dans la protection des enfants contre des abus en tous genres, s’interrogent sur la pertinence de cette réintégration dans l’environnement caractérisé par des allégations de harcèlements sexuel et physique débouchant sur l’agression mortelle de mercredi dernier.
D’autre part, avec la déclaration du représentant du DPP en Cour de Curepipe, des limiers du CID de la Central Division poursuivront leur enquête pour établir les circonstances de ce meurtre. La prochaine séance d’interrogatoire formel de la jeune fille devra être précédée par une évaluation psychologique de la capacité de celle-ci de répondre de ses actes. Des services d’experts de la police et de la Child Development Unit du ministère de la Protection des enfants seront sollicités à cet effet. Ces séances d’audition devront impérativement se dérouler en présence de ses Responsible Parties et des officiels de la CDU.
Entre-temps, le débat sur l’âge minimal pour la détention provisoire des suspects est lancé.