Avec la succession de dossiers ayant fait l’objet d’enquête au niveau du Central CID, en particulier, depuis le début de l’année, des épisodes d’enquêtes-boomerang se multiplient. Avec l’affaire Yatim Varma et celle du Mauritius Institute for Training and Developlment (MITD), où des témoins ou encore des Whistleblowers sont inquiétés par des inculpations provisoires, deux autres High Profile Cases, qui ont défrayé la chronique au courant de cette année, pourraient générer des volte-face.
Ainsi, des développements conséquents sont annoncés dans la Gambling Gate, notamment en ce qui concerne l’opération de Hacking des mails de Jean-Michel Lee Shim, homme d’affaires, dont le nom est étroitement lié au monde des paris à Maurice et installé à Londres. Toutefois, dans une communication transmise à la presse récemment, Me Yousouf Mohamed, Senior Counsel, a soutenu que son client n’a rien à faire avec les opérations de Sport Data Feed Ltd ou encore de SMS Pariaz à Maurice.
L’autre enquête avec un début de renversement de tendance concerne la Bangaleea Saga avec en toile de fond une somme de Rs 40 millions et la présumée victime, Nitesh Ramdharry, passible d’une inculpation provisoire de false and malicious denuniations in writing et faisant face à une réclamation en dommages et intérêts de Rs 100 millions de son ancien conseil légal, Me Roshi Bhadain. De son côté, Me Ravi Rutnah, qui avait brandi un enregistrement des caméras de surveillance de l’ex-Legends Hotel au moment du meurtre de Michaela Harte le lundi 10 janvier 2011, est déjà passé à la trappe du CID de Port-Louis Sud avec une double inculpation provisoire en fin de semaine.
Des recoupements d’informations effectués par Week-End auprès de sources concordantes indiquent que l’affaire du piratage criminel des mails de l’homme d’affaires mauricien, Jean-Michel Lee-Shim, serait sur le point d’être élucidée. Ceux qui enquêtent sur cet aspect de Gambling Gate, avec une tentative de « piper » des procédures d’injonction en Cour suprême en faveur de Sport Data Feed Ltd, remonteraient actuellement une piste tchèque pour établir les circonstances dans lesquelles des copies d’e-mail échangées par Jean-Michel Lee-Shim avec son entourage, s’étaient retrouvées entre les mains de tierces parties.
A ce stade, les Forensic Probes initiées à partir des informations obtenues par Jean-Michel Lee Shim de la maison-mère de Yahoo aux Etats-Unis, notamment les IP Addresses ayant pu avoir accès à la boîte e-mail de l’homme d’affaires, auraient établi un détail précis. Le piratage des messages e-mail aurait été commis à partir d’un hôtel spécifique à Londres. Dans une tentative de brouiller les pistes, les contacts de Week-End n’ont pas voulu préciser le nom de cet établissement hôtelier à Londres ou encore la date de cette opération de piratage.
A partir de ce détail, l’enquête sur le Hacking s’est évertuée à déterminer des facteurs cruciaux pour approfondir cette investigation. Ainsi, l’identité des Mauriciens ayant séjourné dans cet hôtel de Londres « at the material time » fait actuellement l’objet de compilation pour établir toute connexion avec soit d’une part Jean-Michel Lee Shim, soit d’autre part, l’incontournable personnalité du Mauritius Turf Club (MTC), Paul Foo Kune.
Au début de juillet dernier, le dénommé Foo Kune, accompagné de son homme de loi, Me Roshi Bhadain, avait débarqué au QG du Central CID avec une série d’emails compromettants et mettant en cause Jean-Michel Lee-Shim et des conseils légaux, dont Mes Rajroop et Hossenee, dans un réseau de tentative de corruption et de trafic d’influence au niveau de la Cour suprême. L’objectif de ces tractations était d’obtenir une injonction en faveur de Sport Data Feed Ltd pour interdire d’autres opérateurs, dont le Play-On-Line de Paul Foo Kune, d’organiser des paris sur des matches de football en Grande-Bretagne. Deux secrétaires de juge inculpés provisoirement dans cette enquête du Central CID font partie des suspects.
Au chapitre du Hacking des emails, le fait majeur de l’enquête en cours est que des spécialistes en informatique venant de la République Tchèque ont été sollicités pour mettre à exécution ce plan. Le Missing Link entre ces Hackers tchèques et la partie mauricienne est sur le point d’être confirmé par le truchement de versement et de transfert de fonds « pour le travail bien fait ». Ainsi, les cerveaux locaux pourraient se retrouver en difficultés alors que ceux qui étaient en possession de ces messages emails pourraient être de nouveau convoqués au Central CID pour des explications sur la provenance de ces preuves et confrontés à des éléments émergeant de la piste tchèque.
Dans l’entourage de Jean-Michel Lee-Shim à Maurice, l’on se garde de faire des commentaires sur le dénouement de la Hacking Investigation préférant être en possession de tous les éléments de cette complexe affaire. Toutefois, une des sources avance que les résultats avec des conséquences non-négligeables seront portés à la connaissance des autorités compétentes à Londres et à Maurice. Depuis l’éclatement du scandale de Gambling Gate, Jean-Michel Lee-Shim a été inculpé provisoirement dans le cadre d’une enquête sous le Corruption Act britannique et instruite par le Serious Fraud Office de Grande-Bretagne.
Que ce soit dans le camp de Jean-Michel Lee-Shim ou de Paul Foo Kune, les conclusions sur l’enquête de piratages constituent un enjeu de taille. Le cercle de connaissances de Jean-Michel Lee-Shim présente cette Hacking Investigation comme la carte maîtresse pour démolir l’enquête du Central CID sur la Gambling Gate. « Ces émails versés dans le dossier à charge sont des Illegally obtained Evidence and are highly prejudicial. They are tainted and cannot be adduced in Court in all fairness », martèle-t-on en faisant comprendre que « nous n’avons pas encore traversé ce pont de manière formelle ».
L’acceptation des résultats de l’enquête sur le piratage informatique devrait se transformer en un véritable revers avec des effets boomerang pour le clan de Paul Foo Kune. Ce dernier et ses conseils légaux devront être appelés à justifier de manière formelle les circonstances dans lesquelles ils ont eu accès à des documents privés, personnels et confidentiels et de nature compromettante.
D’autres sources soulignent que la preuve formelle du Hacking pourrait devenir un couteau à double tranchant pour Jean-Michel Lee-Shim. Si ces preuves ne sont pas admissibles devant une Cour de justice, il n’en demeure pas moins vrai que la confirmation du piratage pourrait représenter la confirmation aux yeux du public des tractations reprochées au clan Lee-Shim. Avec pour résultat que les deux camps pourraient crier victoire en cas de non-lieu.
La prochaine étape de la Gambling Gate risque de se jouer extrêmement serrée avec le dernier mot revenant au Directeur des Poursuites Publiques (DPP), Me Satyajit Boolell, Senior Counsel, décidant de la marche à suivre quant aux délits criminels relevés dans l’enquête du Central CID.
Affaire à suivre de très près…