« Dans certains pays, on utilise la castration chimique. Je me demande si nous ne devrions pas y avoir recours. » Déclaration du Premier ministre, au Prime Minister’s Question Time (PMQT), hier, en réponse à la députée du MMM, Josique Radegonde-Haines, qui avait formulé une question sur les mesures de prévention contre les actes de violence et meurtres sur les femmes. Navin Ramgoolam a annoncé que le gouvernement « is currently considering amendments to be brought to the Criminal Code to make tougher provision for the criminalization of acts of sexual perversion ». Parmi les amendements, figure le prolongement de la servitude pénale pour une période n’excédant pas 60 ans, notamment « where death has resulted » ou la victime alléguée est vulnérable de par son âge ou un handicap ou étant enceinte.
La députée de la circonscription Savanne/Black River avait demandé au Premier ministre où en était l’enquête concernant le viol sur une septuagénaire de Rivière-Noire, le 21 avril dernier et quelles mesures additionnelles le gouvernement comptait apporter pour prévenir de tels actes. Le Premier ministre a répondu qu’une charge provisoire de viol a été logée contre M.T.M.Q. Concernant la deuxième partie de la question, il devait indiquer que le Bureau de l’Attorney General travaille actuellement sur un Criminal Amendment Bill en vue d’apporter les amendements susmentionnés.
Selon le Chef du gouvernement, la Police Family Protection Unit et la Police Crime Prevention Unit travaillent toutes deux à la prévention d’actes de violence et de crime à l’encontre des femmes et interviennent toutes deux dans de telles situations. Sur le plan de la prévention, la Police a recours à des campagnes de sensibilisation intensives ciblant les femmes et les personnes âgées. Par ailleurs, selon le PM, la Police organise des safety and security weeks chaque année en vue d’encourager le public à rapporter des cas suspectés de violence envers les femmes aux postes de police.
En octobre 2012, a ajouté le PM, la Police a lancé le Crimestoppers Scheme qui a pour fonction principale de permettre un accès gratuit et anonyme — en composant le 148 — à la Police pour rapporter des actes de nature criminelle dans la région. Par ailleurs, avec la mise en place du National Policing Strategic Framework, chaque poste de police comprend des Neighbourhood Officers qui sont en contact permanent avec la communauté.
De son côté, indique encore le Premier ministre, le ministère de l’Égalité des genres a lancé en 2011 un National Platform to End Gender-Based Violence in Mauritius. La plateforme se réunit deux fois l’an pour faire le suivi des activités organisées par divers partenaires, dont le ministère de la Sécurité sociale, celui de l’Éducation, de la Santé et de l’Intégration sociale.
Pour Navin Ramgoolam, « violence is a societal problem which has taken huge proportions world-wide. The government is leaving no stone unturned to address this issue ». Il a ajouté que l’effort de la société dans son ensemble est nécessaire afin de mieux protéger les femmes et les plus vulnérables.
À une question supplémentaire de la députée Radegonde-Haines, qui a fait ressortir que la septuagénaire de Rivière-Noire a subi un traumatisme sévère et qu’une telle expérience est vécue par d’autres au quotidien, le Premier ministre a répondu qu’au vu de tels « actes horribles », le gouvernement compte « durcir les peines ». Et, de dire : « Dans certains pays, on utilise la castration chimique. Je me demande si on ne devrait pas y avoir recours. »
Pour sa part, le leader de l’Opposition, Alan Ganoo, a demandé au PM s’il pourrait suggérer au commissaire de police que tous les postes de police disposent des noms des personnes âgées de leur région dans le but de mieux assurer leur protection. Le Premier ministre a dit prendre note de cette suggestion.