L’ancien président de la République et leader du Remake 2000, sir Anerood Jugnauth, critique le Premier ministre pour s’être «attaqué» mercredi à un juge en fonction à l’Assemblée nationale lors des débats sur le Criminal Appeal (amendment) Bill. «Je donne, quant à moi, raison à ce juge car c’est lui et ses confrères du judiciaire qui auront à appliquer la loi», laisse-t-il entendre. Le leader du Remake 2000 n’accordera aucun répit au gouvernement en dépit des «longues vacances parlementaires». Il annonce en effet que l’alliance de l’opposition descendra bientôt sur le terrain pour notamment organiser des meetings de mobilisation.
SAJ accuse Navin Ramgoolam de s’être empressé de clore la session de l’Assemblée nationale avant les vacances parlementaires en «bâclant» le vote du Criminal Appeal (amendment) Bill, un projet de loi «très important», et «se hâter» juste après pour s’envoler vers Paris et Londres. Le leader du Remake 2000 laisse comprendre que le chef du gouvernement se trompe s’il croit que de longues vacances parlementaires lui accorderont du répit. Sir Anerood annonce ainsi que l’opposition parlementaire descendra bientôt sur le terrain en organisant notamment des meetings de mobilisation pour «mettre la pression».
Revenant au Criminal Appeal (amendment) Bill, SAJ est d’avis que ce projet de loi tel que voté par la majorité gouvernementale, mercredi dernier, vient porter préjudice à des droits fondamentaux du citoyen. Il cite notamment le principe  de «double jeopardy» à l’effet que l’on ne saurait questionner l’acquittement d’un accusé blanchi par un jury. L’ancien président de la République souligne aussi que l’opposition a réclamé, en vain, l’institution d’une Criminal Cases Appeal Commission comme il en existe en Grande-Bretagne en vue d’enquêter sur d’éventuels cas d’erreurs judiciaires où des innocents auraient été injustement condamnés.
Demande qui, rappelle-t-il, avait aussi été faite par l’ancien Attorney General, Yatin Varma, à la Law Reform Commission. Celle-ci, indique sir Anerood, y était favorable, de même, dit-il, que le Directeur des Poursuites Publiques (DPP) ainsi que la profession légale. SAJ explique qu’au lieu de considérer tout cela, le gouvernement a choisi de faire «un travail bâclé» sans prendre la mesure de ses conséquences à l’avenir. Le leader du Remake 2000 critique le fait que ce sera finalement la Human Rights Commission, «une commission qui n’a pas les moyens et qui a été à ce jour un fiasco», qui aura cette tâche d’enquêter de manière «très limitée» sur d’éventuels cas de «miscarriage of Justice».
Sir Anerood soupçonne en outre le Premier ministre d’avoir des «visées politiques» en faisant adopter ce projet de loi. Il explique que tout accusé acquitté aura désormais comme une épée de Damoclès suspendue sur la tête avec, dit-il, ce que cela représente comme traumatisme. Ce qui lui fait penser que cette loi pourrait être servie comme un «instrument politique» contre des adversaires. Le leader du Remake 2000 critique aussi le Premier ministre, «qui dit respecter les institutions», pour s’être «attaqué, mercredi à l’Assemblée nationale, à un juge en fonction». «Je donne quant à moi parfaitement raison à ce juge car c’est lui et ses confrères du judiciaire qui auront au final à appliquer la loi», déclare SAJ.