Devant la tournure des événements autour du Criminal Code (Amendment) Bill, le Collectif citoyen tient à rappeler que le rôle des parlementaires est de représenter la population et non leur conscience personnelle. Pouba Essoo et Marie-Michèle Étienne se disent en faveur du choix qui est la prérogative de la femme seulement.
« Même si j’ai un amour infini pour les enfants, je suis pour le choix en ce qui concerne l’avortement. Cela n’a rien à voir avec ma religion ou mes valeurs, c’est un choix de libre arbitre pour la femme. » C’est en ces termes que Marie-Michèle Étienne du Collectif citoyen s’exprime sur le projet de loi pour la dépénalisation de l’avortement dans certains cas.
Celle que l’on surnomme affectueusement la « mamie » de la radio explique qu’elle ne s’était pas exprimée sur la question jusqu’ici, étant déjà engagée dans d’autres domaines. Pour avoir accompagné des femmes dans différents combats et été à la base d’une marche pacifique après l’assassinat de la travailleuse du sexe Marie-Ange Milazar, Marie-Michèle Étienne a toutefois estimé qu’il y avait des choses qui devaient être dites. Elle affirme comprendre que beaucoup de personnes se posent des questions ou ont des inquiétudes, « mais ce choix de décision revient à la femme et à elle seule ».
De son côté, Pouba Essoo est d’avis que le débat entre les pro-life et les pro-choice est dépassé. « Quand j’avais 18 ans, on débattait sur le sujet. Aujourd’hui j’en ai 53, c’est toujours le même débat. » Elle est d’avis qu’il faudrait plutôt mettre les parlementaires devant leurs responsabilités et leur rappeler qu’ils ont été élus pour représenter le peuple.
Pouba Essoo estime qu’un parlementaire a trois rôles à remplir : être à l’écoute des besoins de la population, porter ces besoins à l’Assemblée et préparer des lois en fonction et finalement, s’assurer que la loi est mise en oeuvre dans le respect des paramètres légaux. « Mais quand j’entends dire que les parlementaires voteront selon leur conscience personnelle, je ne peux m’empêcher de me demander s’ils sont à l’Assemblée pour représenter leur conscience personnelle ou la population ? »
Pouba Essoo fait ressortir que les députés ont été élus grâce au peuple, y compris les femmes ayant eu recours à des avortements. « Comment peut-on dire, alors, qu’on votera selon sa conscience ? » Elle est d’avis qu’en étant pour le projet de loi, les parlementaires voteront une protection pour la femme. « À un moment où on parle de gender equality, c’est une occasion en or pour le gouvernement de démontrer qu’il a une considération pour les femmes en danger. »
Pouba Essoo estime que la conscience personnelle et les convictions concernent la vie privée alors que le projet de loi relève du travail du parlementaire. « Je lance un appel aux femmes parlementaires afin qu’elles se montrent solidaires de la souffrance d’autres femmes. »