Françoise Labelle: « Les grossesses chez les adolescentes sont un problème sérieux »
Françoise Labelle a exprimé ses vives inquiétudes au sujet du problème aggravant de grossesses chez les adolescentes en soulignant que celles-ci ne sont pas nécessairement dues aux cas de viols mais à une vie sexuelle active. La députée du MMM rappelle qu’elle avait évoqué ce problème au Parlement il y a dix ans en insistant dès cette époque sur l’urgence des mesures à prendre. « Qu’avons-nous fait depuis dix ans pour atténuer ce problème ? Quel message envoie-t-on à nos jeunes aujourd’hui avec ce projet de loi ? » a lancé la parlementaire qui ne votera pas en faveur de ce projet de loi.
Françoise Labelle a capté l’attention des députés des deux côtés de la chambre grâce à une intervention bien argumentée pour dire son opposition au projet de loi, prononcée sur un ton nullement passionné. D’ailleurs on a vu la députée rouge Nita Deerpalsing la féliciter immédiatement après cette intervention en dehors de l’hémicycle, même si elle n’est pas d’accord avec sa prise de position, lui a-t-elle précisé.
Si Françoise Labelle est d’accord uniquement avec l’interruption de grossesse dans le cas où la vie de la femme enceinte est en danger. Il était temps, selon elle, d’amender la loi à ce sujet tout en reconnaissant que c’était déjà une pratique acceptable depuis longtemps. La députée dit qu’elle ne peut accepter l’interruption d’une grossesse « at any time » dans le cas de « subtantial risk » d’une malformation sévère du foetus, en s’appuyant, dit-elle, sur les remarques émises à ce sujet par deux parlementaires qui sont médecins de profession. « Dr Satish Boolell in this speech said “where an abnormality si suspected” and I am sure he has very good reasons to use the word “suspected”. Et le Dr Arvin Boolell a demandé pour sa part combien de gynécologues et d’obstétriciens sont “fully trained” dans nos hôpitaux pour manier les appareils qui détectent les malformations. I don’t think he has put the question out of the blue. He has good reasons to ask such an important question ». La députée a relaté avec force détails le cas d’une jeune femme de sa circonscription, enceinte de six mois et à qui un médecin du service hospitalier aurait affirmé à la suite d’un diagnostic qu’il y avait un problème avec le bébé. Elle ajoute que les diagnostics faits par deux autres médecins du privé ont établi le contraire et que le bébé est né sans problème.
Toutefois la députée mauve avoue être « déchirée entre sa conviction profonde » pour le respect de la vie et devant la « souffrance » d’une enfant enceinte à douze ans à qui on obligerait de garder le bébé, ainsi que devant la souffrance des femmes violées. « Je suis honnête de dire que si j’avais une fille de onze ans dans cette situation, je ne suis pas sûre que j’aurais le courage de lui dire de garder cet enfant. D’autre part, quand le drame arrive chez des enfants et des adolescentes c’est souvent tardivement qu’on apprend la grossesse. Souvent au quatrième mois et qu’est-ce que je fais dans ce cas-là ? C’est une vie, c’est une personne humaine qui est déjà là. Je n’aurais pas le courage de mettre fin à la vie de cet être humain. Peut-être que c’est l’influence de ma conviction religieuse qui dictera ma décision », a-t-elle poursuivi.
On relève cet appel pressant de la députée mauve en direction des autorités pour des mesures à prendre de toute urgence afin de diminuer les grossesses parmi les jeunes. Elle ne croit pas que l’avortement soit la réponse à ce problème car selon elle la majorité des 24 000 cas enregistrés dans les hôpitaux durant ces dix dernières années à la suite de complications dues aux avortements clandestins tombent dans les quatre catégories citées dans le projet de loi. La députée affirme que l’enseignement d’une éducation sexuelle « digne de ce nom » peut responsabiliser les jeunes et demande aussi à ce que les méthodes de contraception leur soient beaucoup plus accessibles.