Lundi matin noir sur le plan de la criminalité avec deux meurtres ayant comme dénominateur commun des femmes en tant que victime. Depuis hier soir, la police enquête dans le meurtre de Pooja Gumbheer, 21 ans, agressée mortellement par son concubin à l’arme blanche devant les yeux de son jeune enfant à La Source, Quatre-Bornes. Le suspect, qui était sous l’influence de l’alcool, s’est constitué prisonnier et devait comparaître devant le tribunal de Rose-Hill à la mi-journée pour le délit de meurtre. En cours de matinée, un autre cas des plus macabres fut découvert dans le bassin de Petit-Verger avec le corps d’une femme sans tête et les pieds sectionnés flottant. Par ailleurs, une adolescente, Tensy Bhayraw, âgée de 16 ans, souffrant de handicap physique, a péri dans un dramatique incendie à l’avenue Central Bambous dans la matinée même.
Dans un premier temps, l’attention des passants aux abords du bassin de Petit-Verger fut attirée par un objet hors de l’ordinaire flottant sur l’eau. C’était très tôt ce matin. Alertée, la police de la région devait dépêcher une équipe de l’Emergency Response Service (ERS) pour un constat des faits. Branle-bas de combat à la réception du premier message de cette escouade de la police : « Confirmed headless body floating on water ».
Des limiers de la CID de la région de Petite-Rivière et ceux de la Major Crime Investigation Team, déjà engagés à élucider le meurtre du vigile de Fond-du-Sac de la fin de la semaine dernière, et l’agression mortelle de la jeune coiffeuse Pooja Gumbheer à La Source, de même que des éléments du Scene of Crime Office, furent sollicités pour le démarrage de l’enquête sur cette découverte macabre.
Avant que le corps mutilé ne soit retiré du bassin, aucune indication n’était disponible sur ce nouveau cas de Foul Play confirmé. Mais très vite, la première confirmation devait être obtenue, à l’effet que la victime était de sexe féminin et qu’elle avait eu la tête et les jambes sectionnés avec un « sharp instrument ».
Si le corps, soit le torse avec les bras et les deux pieds détachés, avait été récupéré de l’eau lors de la première tentative, la tête était restée introuvable, ajoutant au caractère crapuleux de ce nouveau drame avec une femme en tant que victime. Des plongeurs professionnels du Groupement d’Intervention de la Police Mauricienne (GIPM) furent sollicités en vue de passer au peigne fin le lit du bassin pour retrouver la tête de la victime de même que d’autres parties manquantes du corps.
Après une première série de plongées, des membres du GIPM ont pu récupérer la tête de la victime à l’autre extrémité du bassin. Avec la confirmation que le corps de la victime avait été mutilé, confirmant la cruauté de l’acte, l’assistant commissaire de police, Pregassen Vuddamalay, responsable du Central CID et de la MCIT, a effectué le déplacement sur le terrain à bassin Petit-Verger pour superviser cette partie délicate et s’assurer que tous les indices nécessaires soient relevés sur les lieux, qui avaient été « cordoned off ».
Le Principal Police Medical Officer, le Dr Maxwell Monvoisin, a procédé à un premier examen de la partie du cadavre retirée de l’eau. Les premières indications sont que le crime aurait été commis durant le week-end. « Li pa trop lontan sa », devaient laisser entendre les spécialistes alors que le Dr Monvoisin a préféré jouer la prudence en attendant les conclusions de l’autopsie, qui devait être pratiquée en cours d’après-midi. « Nous n’avons pas encore déterminé l’heure du crime », devait faire comprendre le médecin légiste à une question du Mauricien.
Sur les lieux, les premières conjectures tentent à accréditer la thèse d’un acte de sorcellerie d’une atrocité cruelle. Mais aucun détail formel n’a été mis de l’avant à cet effet jusqu’ici. La priorité des enquêteurs de la police est d’établir de manière formelle l’identité de la victime en vue de mieux comprendre ce qui aurait pu se passer dans les circonstances.
Un appel à témoin pour des cas de Missing a été lancé et un couple, qui était parti signaler ce matin à la police la disparition d’une femme dans l’Ouest, devait être entendu en début d’après-midi au sujet des détails de la personne disparue. L’homme et la femme pourraient être confrontés aux restes du cadavre repêché du bassin Petit-Verger en vue de toute confirmation.
Ensuite, la MCIT et les limiers de la CID de Petite-Rivière seront appelés à remonter la filière pour déterminer les lieux du crime avant que le cadavre ne soit jeté dans le bassin durant le week-end.
L’enquête policière se poursuit.