Le bureau central des statistiques a publié hier ses derniers chiffres en matière de criminalité. Concernant le trafic de stupéfiants, son rapport 2012 note une baisse concernant la saisie de gandia. Dans le même temps, cinq fois plus d’héroïne ont été saisies que lors de l’exercice précédent.
Le rapport du bureau central des statistiques, concernant la criminalité pour l’année 2012, fait frémir. Notamment en termes de saisies de stupéfiants. Selon le document, la valeur marchande des drogues et stupéfiants saisis durant cette période est estimée à pas moins de… Rs 300 millions. On note entre autres une hausse quant à l’héroïne, dont la quantité saisie a augmenté de cinq fois selon la police.
Dans l’ensemble, le taux de délits concernant le trafic de drogues sur une population de 1 000 personnes était estimé à 2,5 en 2002. Le taux le plus élevé avait été enregistré en 2007, lorsqu’il avait atteint un pic de 3,5, toujours sur 1 000 individus. Le chiffre a ensuite baissé pour atteindre 2,7 en 2012. Quelque 3 472 délits de drogues ont été enregistrés l’an dernier, ce qui correspond à une baisse de 7% par rapport à 2011. Pas moins de 67% des crimes de drogues concernaient le gandia et 14% l’héroïne. La consommation de tranquillisants et de sédatifs était, elle, estimée à 8%, soit exactement le même taux que celle de buprénorphines.
En termes de volumes saisis, on note une baisse de 33% de la quantité de gandia tandis que celle d’héroïne, elle, a été quintuplée. Le nombre de pilules de buprénorphine (Subutex) saisies a baissé de 71% alors que les tranquillisants, eux, ont enregistré une hausse de 3,7%. Dix-neuf cas d’importation de drogues ont été recensés l’année dernière, soit cinq de plus qu’en 2011. Si aucun cas d’importation de gandia n’a été observé en 2011, six ont toutefois été enregistrés en 2012. De même concernant l’héroïne, où l’on a noté huit cas d’importation, contre six en 2011. Le nombre de « cas » de trafic de drogue est, lui, resté plutôt stable, passant de 191 en 2011 à 190 l’an dernier. Plus spécifiquement, les affaires de trafic de gandia ont connu une chute de 63% et celles pour trafic d’héroïne, de 8%. Néanmoins, quelque 67 000 plants de gandia ont été déracinés par l’ADSU en 2012, soit 7 000 de plus qu’en 2011. Sur le volet de la consommation et de la possession de drogues, 1 367 cas concernant le gandia ont été enregistrés en 2012. Le nombre de cas concernant l’héroïne est pour sa part estimé à 393, contre 196 et 197 pour, respectivement, les sédatifs et le buprénorphine (Subutex). Enfin, le nombre de cas de possession et de consommation illégale de méthadone est, lui, passé de 38 en 2011 à 24 en 2012.
Baisse des délits
Bonne nouvelle cependant : d’un point de vue général, une baisse du nombre de délits a été constatée, ceux-ci passant de 44 818 en 2011 à 40 901 en 2012. Le nombre de vols enregistrés a en effet chuté de 14%, pour atteindre 10 106 cas. Dans le même temps, 15% de délits enregistrés en 2012 étaient classé comme des « crimes » (nécessitant une servitude pénale et une amende de plus de Rs 5 000) tandis que 13% des délits était considérés comme « moins graves » (peine de plus de dix jours d’emprisonnement et une amende de plus de Rs 5 000). A noter que pas moins de 85% des délits concernaient des contraventions dressées pour des infractions au code de la route.
Le bureau des statistiques note par ailleurs une augmentation de 18,5% des cas d’homicide en 2012, pour atteindre 128 affaires. De ce nombre, 49 ont été prémédités, tandis que 13 autres concernent des tentatives d’homicides volontaires et 66 des homicides ayant été commis sans intention de tuer.
En 2012, la police a enregistré 12 900 cas de brutalités. Le nombre de délits sexuels enregistré dans le même temps est, lui, passé de 466 en 2011 à 455 en 2012, prenant compte que la majorité des victimes d’agressions sexuelles étaient des femmes et que 57% d’entre elles étaient âgées de moins de 16 ans. Quelque 60% des délits sexuels impliquaient des étudiants et 54% des cas se sont déroulés dans des « private households ». Enfin, 27% des victimes ont été agressées par des membres de leur famille.
D’un point de vue judiciaire, 13 276 personnes ont été poursuivies en 2012. De ce nombre, 32% l’ont été pour agression, 20% pour vol, 11% pour délit de drogues et 2% pour crime de nature sexuelle. Le nombre de cas logés en cour en 2012 a enregistré une hausse de 12%, pour passer à 121 263 affaires. Des jugements ont été rendus dans 109 157 cas, tandis que 31 953 suspects étaient en attente d’être jugés fin 2012. Tous cas confondus, le judiciaire a traité l’an dernier, à Maurice et à Rodrigues, pas moins de 131 927 affaires. De ce nombre, 86% se sont soldées par un verdict de culpabilité et 14% par un acquittement.