L’euro est tombé hier à son plus bas niveau des 15 derniers mois vis-à-vis du dollar et de la livre sterling et a touché un niveau inédit depuis 11 ans face au yen, dans un climat d’inquiétudes sur la capacité des États et des banques de la zone euro à faire face à leurs besoins de financement. À Maurice, il s’échangeait ce matin à la Banque de Maurice au taux de Rs 36.1989 à l’achat et à Rs 38.517 à la vente alors que le dollar s’achetait à Rs 28.5363 et se vendait à Rs 30.0808.
Les investisseurs européens ont délaissé hier la monnaie unique européenne, malgré une demande jugée solide lors de l’adjudication par la France de 7,96 milliards d’euros d’obligations assimilables du Trésor (OAT) en fin de matinée. Les analystes estiment que la perspective d’adjudications de dettes italienne et espagnole la semaine prochaine, considérées toutes deux comme les véritables tests en matière de financement des États, devraient maintenir la pression sur la devise européenne.
L’euro a touché un point bas du jour de 1,2783 dollar dans l’après-midi et se traite autour de 1,2795 vers 15 h 00 GMT, à ses plus bas niveaux depuis le mois de septembre 2010. Parallèlement, il est tombé à 82,51 pence, également un plus bas niveau depuis septembre 2010, et à 98,45 yens, à son plus bas niveau des 11 dernières années.
L’absence de réaction à l’adjudication française rappelle l’indifférence des marchés à l’adjudication allemande de la veille, qui elle aussi s’était bien passée.
« C’est la même réaction qu’hier après l’adjudication allemande. On cherche un prétexte pour vendre l’euro/dollar après sa hausse lors de la première séance de l’année », a commenté Adam Myers, stratège devises chez Crédit Agricole CIB.
L’accélération inattendue du rythme des créations d’emplois dans le secteur privé aux États-Unis en décembre n’a pas apporté de soutien à la monnaie unique.
Selon les analystes, de nouvelles difficultés pour les banques européennes entraîneraient un nouveau recul de l’euro. « Si on entend des spéculations, dans les semaines à venir, de faillite d’une banque italienne ou espagnole, on pourrait voir l’euro enfoncer un nouveau seuil », selon Adam Meyers.
Certains opérateurs estiment toutefois que l’état du marché laisserait craindre un “short squeeze” (rachat brutal des positions à découvert accumulées sur l’euro) même si aucun signe concret d’un tel rebond ne se fait sentir pour le moment.
« Les indications de marché laissent penser qu’il y aura un “squeeze” qui pourrait être assez méchant, mais cela pourrait se faire à un niveau nettement plus bas pour l’euro. Les gens ne semblent pas craindre de vendre l’euro pour le moment », commente David Bloom, responsable de la recherche sur les changes à la HSBC.
Selon des observateurs financiers, l’euro devrait continuer à se traiter sous la barre de 1,30 dollar jusqu’au milieu de l’année, les stratégistes interrogés estimant généralement que la crise de la dette en zone euro ne trouvera pas de solution d’ici là.