Objet de virulentes critiques, entre autres, de ses membres démissionnaires qui se font de plus en plus nombreux, l’actuelle direction du MMM a décidé de remettre en jeu sa légitimité en sollicitant un vote de confiance de son Comité central et de son Assemblée des délégués.
Outre l’Assemblée déjà prévue pour ce dimanche matin à Belle-Rose, une réunion spéciale du Comité central a, ainsi, été convoquée pour vendredi prochain et une nouvelle Assemblée des délégués pour le dimanche suivant. L’objectif, explique Paul Bérenger, leader du MMM, est de « crever l’abcès »… Le leader des mauves n’écarte pas tout à fait la possibilité de nouvelles élections de renouvellement des instances du MMM, « si tel est le voeu du Comité central et de l’Assemblée des délégués. »
« Blessing in disguise »
Paul Bérenger laisse entendre que l’Assemblée des délégués de ce dimanche sera l’occasion pour lui de communiquer aux militants de base de son parti son analyse des causes de la présente crise qui secoue le MMM. Mais déjà, il assure que pour la direction des mauves, cette crise est « blessing in disguise. »
Selon le leader du MMM, depuis une dizaine d’années, son parti a perdu de son intransigeance par rapport au communalisme et a connu une certaine dérive pour ce qui concerne la pleine expression de la démocratie en interne.
« Au fil des élections, ces dernières années, nous n’avons pas été suffisamment intransigeants par rapport au communalisme et au niveau d’un certain nombre de comités régionaux. Des militants de base ont perdu voix au chapitre en raison du clientélisme et de l’esprit clanique de certains », concède, à ce propos, Paul Bérenger.
Il indique, par ailleurs, qu’il reviendra aussi, ce matin, sur l’alliance contractée avec le PTr lors des dernières élections générales et « tournera la page » de cet épisode qui s’est révélé lourd de conséquences pour son parti.
Le leader du MMM, qui parle de « retour aux sources » sur les deux questions que sont une nécessaire « vigilence permanente » face au communalisme et le fonctionnement « démocratique » des instances de son parti, précise, néanmoins, que cela ne pourra se faire du jour au lendemain.
Paul Bérenger juge, par ailleurs, « normal » le départ de ceux qui, « comme Joe Lesjongard et Raffick Sorefan », ont décidé de quitter le MMM. Accusant tous ceux qui sont partis d’avoir agi « avec beaucoup d’égoïsme », le leader des mauves souligne que tous ceux-là ont en point commun de ne s’être pas fait élire soit au Comité central ou au Bureau politique.
« Palabres et hystérie! »
Outre les députés Lesjongard et Sorefan, le leader du MMM s’en prend aussi à la démissionnaire Lysie Ribot qu’il accuse d’avoir pratiqué le communalisme et qui, trouve, aujourd’hui, que le leader du MMM, « ne méritait pas un ticket électoral », de même qu’au député Barbier pour ses « énormes mensonges. »
Contrairement aux démissionnaires, Paul Bérenger assure qu’il n’y a « jamais eu autant de démocratie et de liberté d’expression » au MMM que ces derniers temps. Il parle « d’hystérie » à propos de critiques qui fusent au sujet de la fameuse « direction collégiale » mise en place à la tête du MMM.
Le leader des mauves trouve en cela « un grand pas en avant. » « Enough is enough. Je ne peux ne pas répondre aux palabres, à l’hystérie et au communalisme de ceux qui nous ont quittés », fulmine Paul Bérenger. Il parle aussi de « fuite » d’informations au niveau du Bureau politique nouvellement constitué. Ce qui, trouve-t-il, est « très grave et très triste. »
Face à tout ce remue-ménage, le leader du MMM annonce que l’actuelle direction va « passer à l’offensive. » C’est ainsi qu’elle a décidé de remettre son mandat – leadership compris – entre les mains du Comité central et de l’Assemblée des délégués. Une réunion spéciale du Comité central a, ainsi, été convoquée pour vendredi 20 mars et une nouvelle Assemblée des délégués pour dimanche 22 mars.
Il s’agira pour ces deux instances du MMM de se prononcer en vue d’un renouvellement ou pas de leur confiance dans l’actuelle direction des mauves. Paul Bérenger n’écarte pas la possibilité que, si tel est le souhait des militants de base, tout l’exercice de renouvellement des instances dirigeantes soit repris. « Au Comité central et à l’Assemblée des délégués de décider », déclare-t-il, à cet effet.