S’ils insistent que « tout est rentré dans l’ordre », sur le terrain, le fossé entre Michaël Sik Yuen et son leader Xavier Duval se creuse en verité davantage et le froid qui s’est installé entre les deux hommes est très visible lorsque les deux se retrouvent sur la même plateforme en public comme ce fut le cas lundi dernier lors de l’inauguration du St. Régis. Avec  Curepipe où Richard Duval joue aux trouble-fêtes, la nébuleuse bleue se retrouve dans le brouillard.
Chez les bleus, il est connu de tous que la réconciliation entre Xavier Duval et Michaël Sik Yuen n’est qu’apparence, un eye-wash pour donner du contenu à la machine enrayée des bleus. Mais en public le vernis craque, Au Morne, lundi dernier, l’attitude des deux concernés en disait long sur le froid glacial qui s’est installé entre le leader du PMSD et le ministre du Tourisme, depuis la révocation, il y a un mois maintenant, de Robert Desvaux. A l’ouverture du St Régis Maurice, ce jour là , Xavier Duval et Michaël Sik Yuen, ne se sont que poliment salués, avant de se tenir à distance toute la soirée.
Robert Desvaux et Xavier Duval ne se quittent pas
Faut croire que la présence permanente de Robert Desvaux aux côtés du ministre des Finances, était un crime de lèse-majesté pour que Michaël Sik Yuen se tienne à distance au milieu de ses collègues, ministres travaillistes. Cela, même s’il  soutient « ne rien avoir contre Robert Desvaux. » Il confie toutefois à Week-End qui l’interrogeait sur les véritables raisons de la révocation de Robert Desvaux de la MTPA que « j’ai pris la décision qu’il fallait pour le pays. A aucun moment, je n’ai tâtonné sur le sujet car je crois dans la décision que j’ai prise. Je l’ai fait pour le pays, pour l’industrie. »
Que reproche-t-il donc à Robert Desvaux? « Comme je l’ai dit, à la MTPA, nous devons mettre l’accent sur le travail d’équipe. Si l’accent n’est pas mis sur le travail d’équipe et qu’on part dans dix directions, cela ne marchera pas. Depuis 2005, depuis que je suis entré en politique, même en tant que conseiller, j’ai toujours prôné le travail d’équipe. Je ne suis pas quelqu’un qui déstabilisera une équipe. Si pa kapav travay en équipe, dimoun-là bizin alé », répond-il. Et d’ajouter que « de nos jours, c’est important de prendre des décisions vite. Si pour prendre une décision, il faut attendre des mois ou des années, malheureusement, les jours passent et on n’arrive pas à mettre en place les stratégies. C’est pourquoi nous voulons d’une MTPA forte, d’une MTPA qui peut prendre des décisions vite et, bien sûr, une MTPA qui suit les procédures et où il y a un système de good governance. » 
Une phrase qui en dit long quant à ce que le ministre du Tourisme « reproche »à son leader qui lui demandait d’attendre avant de mettre Robert Desvaux à la porte. Sur le terrain, plus précisément à Curepipe, les bleus menés par Richard Duval sillonnent les quartiers. Mais jusqu’ici, le chef de file du PMSD au No 17 et Michaël Sik Yuen et ses affidés font bande à part.
«Parfois éna désacord, dan tou fami éna sa»
Sous prétexte que le ministre du Tourisme était pris dans l’inauguration du St Régis Maurice, lundi dernier, les bleus ont tenu leur réunion à Cité Atlee, sans lui. Richard Duval déplorant que « Curepipe a été négligé ces dernières années et que c’est maintenant que le travail commence »témoigne de ce que les bleus pensent du travail de leur député à Curepipe, en l’occurrence Michaël Sik Yuen, depuis 2010. Mais pour ce dernier également, « tout korek. A aucun moment, je n’ai eu de problème avec le leader ou le parti », dit-il, ajoutant « parfois, ena désaccord. Dan tou fami existé sa. Ke se soit Xavier ou moi, mo pa croir nou ti contan seki inn arrivé là. » Il confie tout de même que « depuis 2005, j’ai été à la mairie, puis élu député, et j’ai fait mes marques à Curepipe. Je sais qu’au No17, les Curepipiens sont avec moi. »Il indiquera, par ailleurs, qu’il a choisi les mercredi et samedi pour être dans sa circonscription. « Bien sûr, si Richard Duval peut se retrouver avec cet agenda, il est le bienvenu », dit-il. Cette main tendue trouvera-t-elle preneur? Nul ne le sait mais jusqu’ici meme s’il ya de bonnes raisons pour l’expliquer, les deux hommes ont fait cavalier seul dans la ville lumière.
Reste que cette situation accentue le malaise profond parmi les partisans bleus eux-mêmes, surtout ceux de Curepipe qui ne savent plus à quel saint se vouer. Le silence du leader Xavier Duval, plus présent sur le front de l’économie dont il reconnaît enfin comme étant dans une phase critique, qui attend son heure pour faire ravaler à son ministre l’humiliation subie par sa non-démission et sa résistance de «gros bonhomme mal élevé», amplifie la nébuleuse bleue dont l’avenir sur l’échiquier politique demeure floue.
PTR:PMSD: nouveaux signes de malaise
Les relations entre les rouges et bleus virent-elles au mauve? C’est ce que pensent certains observateurs politiques eu égard aux yeux doux actuels de certains membres du PTr vis-à-vis de l’opposition. Plus particulièrement vers le nouveau leader de l’opposition Alan Ganoo « qu’il ne faut pas sous-estimer ». Même Rajesh Bhagwan est salué pour sa « prudence» par Patrick Assirvaden, qui faisait référence à l’affaire Maingard/Soornack. Le MSM, principalement SAJ, reste la tête de turc du PTr. De leurs relations avec le PMSD, les rouges disent « tou korek », sans plus. Mais les désaveu en public du PM, à deux reprises, envers son ministre des Finances montrent que les relations sont loin d’être bonnes entre les alliés du gouvernement.
C’est au lancement du nouveau showroom de Kia à Pailles que le débat des relations Rouge/Bleu est relancé. Lorsque le PM révèle aux investisseurs que c’est lui qui est derrière la réduction des droits d’assises sur les grosses cylindrées, et non Xavier Duval et même que ce dernier n’était pas d’accord. Un nouveau signe du malaise installé depuis quelque temps avec son allié. Rappelons que Navin Ramgoolam avait accordé son soutien au ministre Michaël Sik Yuen, allant jusqu’à soutenir qu’il y a eu maldonne à la MTPA et qu’il en avait des preuves, lorsque le ministre du Tourisme avait révoqué l’ancien président de la MTPA, Robert Desvaux, contre l’avis de Xavier Duval. Néanmoins, pour les observateurs, il faut attendre le tsunami annoncé par le PM lui-même pour voir plus clair. Mais la question demeure: Jusqu’à quand les bleus vont-ils accepter d’avaler les couleuvres?