« Le PMSD travaille avec le PTr dans un gouvernement de coalition et notre but est de mener à bien tout ce qui peut profiter au pays; essentiellement. » C’est avec cette phrase que le porte-parole du PMSD Jacques Panglose a tenté de faire taire les rumeurs à l’effet que les bleus et rouges ne sont plus sur la même longueur d’onde. Très évasif quant à l’affaire Sik Yuen qui secoue le PMSD depuis le début de l’année, et renvoyant la presse, malgré son insistance, à ce que décidera le prochain Bureau Politique (BP) des bleus sur cette affaire, Jacques Panglose a balayé d’un revers de main toute question relative aux relations entre Michaël Sik Yuen et le PMSD. Lors de la conférence de presse du parti hier, il s’est contenté d’essayer de convaincre que s’il existe des divergences d’opinions entre les deux partenaires de l’alliance gouvernementale, « c’est dans un jeu démocratique que l’Opposition tente de mettre un peu de désordre dans le gouvernement. » « Mais à la fin du jour, il y une seule ligne de conduite et c’est cela un gouvernement de coalition », dit-il.
Au PMSD, nul ne sait ce qu’il adviendra de l’affaire Sik Yuen. Du moins, c’est ce qu’a voulu démontrer Jacques Panglose, hier, en essayant d’éviter les questions de la presse sur le sujet. Le temps de réflexion que s’est accordé le PMSD pour que « tout retourne à la normale » semble s’éterniser alors que le leader du parti Xavier Duval avait indiqué à la suite du BP des bleus, le 30 mai, qu’après le week-end, une décision sera prise. La présence de Michaël Sik Yuen, qui a écourté sa mission à La Réunion, dimanche, au congrès de l’aile féminine des bleus, aurait, avec sa présence au dernier BP, amoindri la colère des membres du PMSD qui lui en voulaient de son insubordination envers leur leader. Mais c’est toujours dans l’apparence. Car les bleus attendent toujours ce « retour sincère. » D’autant que Xavier Duval a insisté qu’il n’est pas là pour « colmater, épater la galerie ou encore faire plaisir à la presse », mais qu’il veut « une solution scellée dans du béton. » 
Jacques Panglose ne veut pas expliquer les relations actuelles entre Sik Yuen et le PMSD. Malgré l’insistance de la presse, il indique simplement que la question Sik Yuen sera réglée avant la tenue du prochain BP. Prévue pour quand? « Anytime from now », répond-il. Cela peut prendre des semaines, une année? « Il n’y a pas urgence », ironise le porte-parole. Ce, alors que depuis quelque temps, le PMSD tient presque chaque semaine un BP, qui est également à l’origine de « l’affaire Sik Yuen », ce dernier ne s’étant pas présenté à plusieurs BP, d’où sa convocation à la dernière. Narguant la presse, le porte-parole du parti balaie toutes les questions relatives à Michaël Sik Yuen, estimant que « la presse semble vouloir faire de cela une issue. Cette question sera réglée avant le prochain BP. »
Ainsi, alors que la semaine dernière, les « explications, raisons et motivations de Michaël Sik Yuen » étaient d’importance capitale pour les bleus, dont certains annonçaient déjà son expulsion, aujourd’hui, cette affaire semble secondaire. Les bleus auraient-ils avalé une nouvelle couloeuvre? Nul au PMSD ne veut confirmer si la rencontre prévue entre Xavier Duval et Michaël Sik Yuen, cette semaine, a eu lieu. Ce, alors que le leader du PMSD avait indiqué que « dans les jours à venir, avec contact ki nou pou ena, nou pou guetté kot nou pe allé dans le parti avec Michaël Sik Yuen. » L’annonce faite la semaine dernière par le leader du PMSD qu' »il est important, après ce week-end, que le public soit satisfait de la situation et de la manière dont l’avenir se présente pour le parti », semble avoir été occultée.
Démagogie de l’Opposition
Et si le PMSD semble avoir fait de l’affaire Sik Yuen une issue secondaire, le parti tient à resserrer ses liens avec son partenaire de l’alliance gouvernementale. D’où la conférence de presse des bleus, hier matin, pour « démentir les rumeurs » à l’effet que les bleus et rouges sont en froid. Jacques Panglose a tenu à apporter un démenti formel, insistant que « le PMSD travaille avec le PTR dans un gouvernement de coalition. » Et de faire ressortir que Xavier Duval est en train de préparer activement le prochain budget et que les rumeurs qui circulent sont sans fondements. « Xavier Duval n’a rencontré aucun parti de l’Opposition. Toutes ces rumeurs ne tiennent pas debout », dit-il, estimant que « c’est dans le jeu de la démocratie que l’Opposition tente de faire de la démagogie et de mettre du désordre au sein du gouvernement. » Or, parallèlement, c’est le vice-PM et ministre des Finances lui-même qui, depuis quelque temps, lance publiquement des piques à tort et à travers à l’encontre du gouvernement et des mesures gouvernementales prises.
Dix députés pour faire un miracle
Dimanche dernier, lors du congrès des femmes à Ébène, Xavier Duval a souhaité une dizaine de députés pour son parti. À cela, le porte-parole du PMSD répond que « tout parti politique aspire à grandir. C’est tout à fait normal pour le PMSD de vouloir 10 députés car nous sommes là depuis longtemps. Quel mal y a-t-il à cela? » Et à la question de savoir la différence que fera le PMSD avec 10 députés, Jacques Panglose répond que « nous pouvons faire plus. Nous pouvons faire un miracle, comme l’a dit Xavier Duval. » Il souligne que les divergences d’opinions, même dans une alliance gouvernementale, existe, mais « à la fin du jour, une seule ligne de conduite compte. C’est cela un gouvernement de coalition. »
Un gouvernement de coalition qui, pourtant, depuis les dernières élections municipales en 2012, n’a plus tenu de conférence de presse conjointe. À cela, Jacques Panglose explique que « ce n’est pas nécessaire de tenir des conférences de presse conjointes. Nous le faisons quand c’est nécessaire. Chaque parti a une entité et est libre de tenir sa conférence de presse quand il le souhaite. » Les conférences de presse conjointes se font, dit-il, en fonction des situations. Sur la défensive, Jacques Panglose n’a pas voulu commenter la situation au sien du gouvernement et les critiques émises par certains députés qui n’ont pas hésité, eux, à pointer du doigt la médiocrité de plusieurs ministres. Faisant ressortir qu’aucun ministre n’a critiqué un quelconque ministre, le porte-parole du PMSD indique que « ceux qui critiquent, c’est leur façon de voir les choses. Mais le PMSD est dans le gouvernement et ne va pas attaquer un gouvernement dont il fait partie. C’est une lapalissade. C’est dans la norme des choses. »
Dans un deuxième volet, Violette Moutia, présidente de l’aile féminine du PMSD, a félicité le parti pour le succès du congrès des femmes organisé dimanche dernier. La foule de femmes enthousiastes, déterminées et pro-actives, présente au congrès, démontre l’adhésion des femmes au PMSD, dit-elle. Invitant d’autres femmes à se joindre au PMSD, elle fait ressortir que le PMSD compte miser sur les femmes qui joueront de plus en plus un rôle important dans le parti. Interrogée sur l’introduction prochaine de l’éducation sexuelle dans le cursus scolaire, Violette Moutia estime qu’il s’agit d’une bonne initiative gouvernementale, qui devrait toutefois être soutenue par la formation adéquate des enseignants ainsi qu’avec le soutien des psychologues.