David SAUVAGE Rezistans ek Alternativ

Le dernier rapport de la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la Biodiversité et les Services écosystémiques (IPBES) tire la sonnette d’alarme et annonce la sixième extinction de masse. Sur les 8 millions d’espèces de notre planète, 1 million d’entre elles sont en danger d’extinction à court terme (40% des amphibiens, 33% des coraux, 25% des mammifères et 13% des oiseaux).

Face à la gravité de cette situation, tout espoir n’est pas perdu, il est possible de s’attaquer à cette crise écologique par des choix politiques radicalement différents de la soupe aux “statu quo” servis depuis 40 ans.

Rezistans ek Alternativ aborde ce défi avec espoir, amour et lucidité. Nous croyons notre peuple capable du meilleur et savons manier les outils d’analyses politiques qui permettent de comprendre en profondeur les causes systémiques de cette crise majeure, tout en expérimentant les alternatives qui feront le monde de demain. Il s’agit de mobiliser ce qu’il y a de meilleur en nous afin de construire un rapport de forces pour amener un changement qui ne viendra pas sur un plateau: “derrière les barrages de la plage”. Forts de la lignée des combattants pour la justice sociale, nous avons élargi ce combat pour y intégrer celui de la justice climatique.

Décréter la zone humide de Roches-Noires un “Bien Commun” et en faire un site Ramsar d’expérimentation d’alternatives locales

Il nous faut déclarer ce trésor vivant comme un Patrimoine naturel de l’île Maurice, un Bien Commun inaliénable. Cette réserve devrait permettre aux populations locales d’en devenir les gardiens et principaux protagonistes. De nombreux métiers de reconquête écologique, de guide touristique, de recherche scientifique peuvent émerger. Il s’agit d’une opportunité unique de repenser nos activités, notre façon de produire, de consommer et d’interagir en accord avec la Nature.

A la lisière de Mahébourg, arrêter la gentrification et la destruction de son patrimoine naturel

La tentative de répression à l’encontre de l’ONG Eco-Sud, qui conteste l’attribution de la Licence EIA du projet immobilier à proximité du site Ramsar de Pointe-d’Esny, est abjecte et d’un autre temps. C’est maintenant à Mahébourg, à La Cambuse, au Morne, et aux Salines de Rivière-Noire que des propriétaires fonciers, qui seraient dénués de conscience, intimident les défenseurs de notre Patrimoine avec les outils du système en place.

Soucieux d’un équilibre soutenable entre développement et environnement, Eco-Sud propose de décaler le projet vers l’intérieur des terres afin de permettre une reconquête écologique entre le site Ramsar, les nombreuses zones humides avoisinantes et les zones de captations d’eau qui les nourrissent. Outre le volet environnemental, ce projet immobilier va aussi porter un coup néfaste à l’âme de Mahébourg par le phénomène de gentrification, inhérent à ce genre de projet, déjà à l’œuvre dans tant de régions de notre littoral.

 

Utiliser les fonds internationaux UNDP/GEF de manière responsable

Depuis l’ESA Study 2009 (http://esabillnow.org), les experts ont annoncé qu’une Wetland Act n’est pas suffisante pour protéger nos zones environnementales sensibles. Il faut implémenter certaines mesures immédiates (comme la mise en place d’une ESA Clearance), et adopter une ESA Act. Cela ne semble pas convenir à l’agenda de l’oligarchie économique, et le gouvernement prépare un Wetland Bill, qui ne correspondrait pas du tout à l’ampleur de l’action nécessaire afin de changer d’orientation.

Alors que le littoral subit la pression de projets fonciers mal planifiés et que les zones environnementales sensibles sont détruites, des fonds étrangers conséquents sont alloués pour élaborer sur la conservation et la protection d’un littoral qui sera bientôt dépourvu de trésors vivants à préserver. Les conditions nécessaires à notre participation :

– Mise en place d’un moratoire sur les projets et Licence EIA côtiers

– Implémentation des recommandations de l’ESA Study 2009

– Consultation publique n’ayant pas été respectée, nous avons dénoncé ce scandale avec nos alliés, et ne pouvons pas participer à une telle mascarade.

Dissolution de l’Economic Development Board (EDB)

Après que l’EDB a fait campagne pour la vente de la nationalité mauricienne en juin 2018, l’EDB (« Elit Dan Bez? ») porte encore une fois atteinte à notre démocratie et à l’intérêt général, et tente d’anéantir la participation citoyenne dans les procédures EIA. Loin de se soucier d’une île Maurice où il fait bon vivre pour tous, cette boutique pour ultra-riches a en tête de ‘vendre un pays’ comme on vend des téléphones.

Déclarer notre ZEE comme Bien Commun

La mise en place d’une flotte de pêche mauricienne figure dans le Manifeste électoral de Rezistans ek Alternativ des élections législatives de 2014. Alors que celle-ci fait partie d’une vision ambitieuse et cohérente, le gouvernement semble annoncer une telle mesure sans la vision holistique nécessaire. En effet, certaines études annoncent qu’il y aura plus de plastique que de poissons dans les océans en 2050, d’autres évoquant la disparition des poissons à ce même horizon; il est crucial donc de prendre des mesures qui s’imposent concernant les activités océaniques, dont :

– La déclaration dans la Constitution de notre Zone économique exclusive (ZEE) comme faisant partie du domaine public, réserve de biodiversité dans laquelle les gens de la mer peuvent y prélever des ressources de manière soutenable sans mettre l’écosystème marin en danger et uniquement pour le bien-être de la population ;

– L’interdiction de tout type de pêche industrielle, et la sortie des accords de pêche industriels ;

– L’interdiction du plastique à usage unique, qui représente 70% de la pollution des océans ;

– L’interdiction de l’aquaculture dans nos eaux (les autorités doivent intervenir sur l’écocide en cours dans le lagon de Grand-Port)

Afin de prendre en compte ces enjeux de manière raisonnée, et d’affronter cette crise avec amour pour la vie et espoir dans notre humanité, Rezistans ek Alternativ invite tous les citoyens

– qui ont compris l’enjeu majeur du dérèglement climatique et de la perte de biodiversité ;

– qui refusent cette répression conservatrice maintenant un statu quo dangereux pour l’intérêt général et les générations futures au seul profit de quelques-uns,

– qui refusent les fausses solutions de green bashing libérales qui ne conjuguent pas justice sociale et justice climatique,

à se mettre en mouvement et de se rassembler afin de mener ce combat qui pourrait bien être celui du siècle.