Maurice est classée septième sur une liste de 17 pays les plus à risques en cas de détérioration de la crise dans la zone euro. C’est ce que révèle une étude réalisée le mois dernier par Maplecroft, société britannique très connue et spécialisée dans la recherche et l’évaluation des risques (économiques, naturels et humains).
L’étude de Maplecroft, qui a débouché sur l’établissement d’un Eurozone Exposure Index, concerne 169 pays se trouvant hors de la zone euro et susceptibles d’être affectés par un approfondissement de la crise dans cette région. L’indice quantitatif porte sur échanges commerciaux entre la zone euro et les pays concernés, les investissements directs étrangers, les réclamations des banques des pays faisant partie de la zone, la résilience des indicateurs économiques (équilibre budgétaire, dette publique, niveau d’inflation et réserves en devises) de chaque pays. « The findings are significant as the index identifies the most economically dependent countries on the Eurozone, which are most likely to falter in the face of worsening economic conditions. Impacts for these economies include lowered industrial outputs, competitiveness loss and sovereign debts that could reach unsustainable levels due to rising yields », écrit Maplecroft.
Les 169 pays concernés sont classifiés selon différents degrés de risques : extrême, élevé, moyen et faible. Maurice (7e), et deux pays africains, la Mauritanie (5e) et le Mozambique (6e), sont parmi les 17 pays jugés à « risque extrême » dans le classement où le Royaume Uni se retrouve à la première place du fait de son haut niveau d’intégration économique avec les pays utilisant l’euro, ainsi que pour son manque de résilience domestique face à tout ralentissement économique.
« African nations also emerge among the most at risk in Maplecroft’s study, with Mauritania (5), Mozambique (6), Mauritius (7), Morocco (12), Côte d’Ivoire (16) classified at “extreme risk” due to high trade dependence with the euro area and low resilience against global economic slowdown. As a result, firms operating in the region may suffer lower demand for their export products », souligne Maplecroft. Selon la société britannique, la zone euro représente 60 % des exportations de produits pétroliers et miniers du Mozambique alors que la Côte d’Ivoire compte sur la zone euro pour environ 30 % de ses exportations de produits agricoles. L’économie mauricienne, on le sait, est grandement dépendante des marchés de la zone euro et les retombées de la crise dans cette région sont déjà perceptibles. Le tourisme est l’un des secteurs les plus touchés, comme en témoignent les résultats intérimaires des établissements hôteliers.
Slowdown
Maplecroft estime que sur la base des prévisions de croissance de seulement 0,7 % en 2013 faites par le Fonds monétaire international, les perspectives concernant la zone euro demeurent sombres et que c’est le Royaume Uni qui souffrirait le plus d’une éventuelle aggravation de la situation dans la zone. Cinq autres pays européens sont aussi classés dans le groupe des dix pays les plus à risques : Pologne (2e), Hongrie (3e), République Tchèque (4e), Suède (8e) et Islande (9e). Avec le Danemark, ces pays d’Europe de l’est et scandinaves sont fortement intégrés à la zone euro.
S’agissant des économies émergentes faisant partie des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), Maplecroft considère qu’elles ne sont pas « immune to Europe’s economic woes ». L’Afrique du Sud (49e), la Russie (50e), le Brésil (62e) et l’Inde (85e) sont classifiés comme des pays à hauts risques dans l’indice en question alors que la Chine (112e) a une notation de « risque moyen ». « The BRICS economies represent a potential offset to the negative impact of the Eurozone economic crisis due to their importance in global markets. Nevertheless, these economies are not fully insulated from the slowdown themselves due to trade and investment relations with Europe and an escalating Eurozone crisis could further exacerbate current domestic slowdown in growth forecasts across the BRICS », font ressortir les auteurs du rapport.
Un analyste de Maplecroft recommande aux investisseurs de suivre de près les développements dans la zone euro car toutes ses implications continueront à influencer le comportement économique global. Les flux d’échanges commerciaux et d’investissement entre la zone euro et les pays émergents pourraient être affaiblis alors que de grands pays développés pourraient être appelés à revoir leurs prévisions de croissance économique en raison de leur exposition aux difficultés des banques européennes.