Photo d'illustration

Avec le couvre-feu sanitaire passant le cap d’un mois déjà, l’Association of Mauritian Manufacturers et le label Made in Moris répondent à leurs missions premières : défendre les intérêts de l’industrie locale et valoriser à la fois l’engagement des salariés et le patriotisme des industriels. Et ce, sur le plan de l’approvisionnement de la population en produits de première nécessité aussi bien qu’en équipements de protection.

L’AMM a contribué à l’élaboration d’un protocole de sécurité pour les opérateurs de la chaîne alimentaire (agriculture, industrie, distribution), tout en étant active sur le plan sanitaire, en identifiant les besoins en équipements de protection et en facilitant la mise en relation des entreprises avec des fournisseurs locaux ou étrangers. « Notre accompagnement ne s’est pas arrêté à l’obtention de permis de travail ou la communication des mesures gouvernementales. Nous sommes présents aux côtés de nos membres et travaillons ensemble à des solutions de terrain pour faciliter une reprise des activités avec le moins de casse possible », déclare Bruno Dubarry, Chief Executive Officer de l’AMM dans un communiqué de presse ce matin.

Dressant un constat de la situation, l’AMM note que l’industrie locale est encore en sous-effectif pour répondre à la demande du marché, car les autres acteurs de son écosystème ne sont pas tous opérationnels. « Dans toute crise, il y a un temps à prendre pour faire l’analyse de nos faiblesses et y remédier. L’urgence de santé publique a mis en lumière la méconnaissance générale de l’industrie locale. La production de WAP, malgré l’identification de secteurs d’activités ‘essentiels’, n’a pas donné la priorité aux industries agroalimentaires, produits de santé et d’hygiène, labelling et packaging, fournisseurs et sous-contractants. Ainsi, un mois plus tard, l’industrie locale est encore en sous-effectif pour répondre à la demande du marché mauricien. Cette méconnaissance à laquelle il y a urgence à remédier, nous l’avons observée tant dans le secteur privé que le secteur public.

C’est grave pour Maurice et son devoir de sécurité alimentaire, de devoir mettre autant de temps sur des choses aussi essentielles que de se nourrir. Je pense aussi aux légumes et aux fruits qui, à travers les champs, sont en train de pourrir ou de ne pas atteindre les consommateurs ; aux élevages de cerf, porcs et autres viandes qui sont dans l’incapacité d’abattre leurs cheptels ; enfin aux produits de la pêche qui ne trouvent pas non plus leurs exutoires naturels que sont les marchés », déplore-t-il.

Les membres de l’AMM se préparent déjà pour le déconfinement. « Il faut mettre l’énergie sur ce qui nous attend et qui sera plus grave que ce que le pays endure déjà. C’est pourquoi nous faisons part de notre impatience sur le manque de priorités et les lenteurs d’action qui en découlent, particulièrement pour les produits de première nécessité et prestations de services indispensables à leur bon fonctionnement (matières premières, emballage, nettoyage, transport, etc).

Dans peu de temps, il y aura une réouverture progressive des activités économiques, la demande sera donc proche du maximum et il faudra bien éviter des pénuries dans les supermarchés, marchés, boutiques. Le seul moyen pour cela, c’est que toute la chaîne d’approvisionnement soit opérationnelle », ajoute-t-il.

Bruno Dubarry plaide également pour les activités considérées comme non-essentielles qui, avec un minimum de permis, auraient pu fonctionner, leur évitant l’endettement ou de réfléchir à des suppressions d’emplois. « Ne perdons pas de vue que des foyers qui ont un emploi sûr sont des consommateurs sûrs, qui font circuler l’argent dans l’économie locale. Il y a un an, nous parlions de maximiser l’effet multiplicateur local de notre économie, cette année, il s’agit tout simplement de ne pas le réduire à zéro. »

Le CEO de l’AMM conclut : « C’est un collectif qui doit se développer encore plus fortement au sein de l’AMM, comme au niveau du pays. Nous voulons voir toutes les entreprises de production locale, petites et grandes, nous rejoindre pour solidifier la résilience de notre économie, justement par davantage de liens d’interdépendance entre nos entreprises. »