ALEXANDRE LARIDON, LL.M

Avec l’ampleur de la propagation du Covid-19, le monde se barricade. La liste des pays qui décident de fermer leurs frontières ou qui prennent des mesures de confinement drastique continue de s’allonger surtout que l’épicentre du coronavirus n’est plus l’Empire du Milieu mais bel et bien désormais l’Europe, qui serait plus durement touchée que la Chine selon certains experts.

Cependant, à part la rapidité et la brutalité avec laquelle cette pandémie touche des milliers de personnes, cette dernière, en plus de constituer une crise sanitaire mondiale, représente également un défi d’ampleur pour l’économie mondiale avec un drôle de retournement des choses qui refrènent littéralement la chaîne de la réflexion économique puisqu’il se découvre vulnérable d’une manière inattendue et imprévisible. En d’autres mots, nous sommes en ce moment en pleine asphyxie économique ; ce qui pousse à une remise en question du concept de la mondialisation ainsi qu’à un éventuel changement de donne radical.

Les 27 mesures, littéralement lues sur une tablette et présentées par le ministre des Finances lors d’une conférence de presse, permettront certes de tamponner et colmater où il faut afin que nos entreprises touchées par cette crise économique puissent garder la tête hors de l’eau… mais dans le court terme ! Pas besoin d’être un expert en économie – comme certains n’arrêtaient pas de le marteler avec ces boucs émissaires de « technicalities » face au dernier PNQ du leader de l’opposition – pour saisir que les entreprises mauriciennes risquent de s’en prendre plein la gueule avec les bourses qui se dévissent et les transactions qui ralentissent de jour en jour. D’où la nécessité pour le gouvernement, avec l’aide de l’opposition, d’accorder leurs violons et de remettre en question notre système économique qui repose, soyons honnêtes, plus sur l’import que sur l’export et ce, avec une importante dette commerciale.

Cette pandémie surprise est l’occasion d’ouvrir les yeux sur nos dérèglements et de parvenir à un nouvel équilibre pour le futur de notre économie. Nous sommes passés d’une économie principalement agricole, centrée sur la production de sucre, à une économie diversifiée tournée vers le secteur tertiaire, notamment le tourisme, la finance et l’externalisation de services depuis notre indépendance. Nous avons la possibilité aujourd’hui, après 52 ans d’indépendance, de recadrer l’économie mauricienne à travers de nouveaux piliers avec une considération prioritaire et particulière de nos entrepreneurs locaux – ce qui permettra non seulement de nous démarquer encore plus des autres pays du continent africain mais aussi d’attirer sur le long terme les pays dits développés vers ce petit bout de rocher en plein coeur de l’océan Indien. Réfléchissez-y !