Après la Mauritius Commercial Bank (3,1 %), la Banque de Maurice (3,3 %), c’est au tour ce matin de Statistics Mauritius de revoir à la baisse son estimation de la croissance économique pour cette année, taux qui a été ramené de 3,5 % (prévu en juin dernier) à 3,2 % sur la base de la détérioration de certains indicateurs sectoriels. Statistics Mauritius anticipe une décroissance dans des secteurs clés tels le textile, le tourisme et la construction et annonce un repli de 0,7 % de l’investissement alors que du côté du secteur privé l’investissement reculera de 3,3 % cette année après une croissance de 1,9 % en 2011.
Selon les prévisions de Statistics Mauritius, le taux de croissance de l’économie mauricienne pour cette année sera d’environ 3,2 % contre 3,9 % enregistré en 2011. L’organisation a eu à corriger encore une fois à la baisse son estimation du taux de croissance sur la base des informations recueillies sur la tendance des activités dans des secteurs clés. Ainsi, le nouveau taux de 3,2 % est basé sur :
a) Une production sucrière de 410 000 tonnes, ce qui résulterait en une régression de 7 % après une croissance positive de 3,5 % l’année dernière quand la production avait atteint 435 310 tonnes.
b) Une expansion de seulement 1 % du secteur manufacturier, soit un taux inférieur au 2,2 % réalisé en 2011 ; une analyse des données concernant les sous-secteurs manufacturiers indique qu’au niveau de l’activité d’usinage du sucre, une contraction de 3,4 % est anticipée pour cette année après une croissance de 3,8 % en 2011. « The contraction is based on the production of 410,000 tonnes of sugar and the refining of 50,000 tonnes of imported raw sugar », explique Statistics Mauritius ; une reprise de 3,9 % dans le sous-secteur de l’alimentation après un repli de 1,6 % en 2011, cette relance étant attribuable à une meilleure performance au niveau du traitement des produits de la mer ; en revanche, le secteur du textile et de l’habillement subira un recul de 2,7 % après une forte croissance (8 %) en 2011 alors que les autres industries manufacturières vont croître de 1,6 % contre 1 % l’année dernière. L’organisation s’attend à ce que les Export-Oriented Enterprises réalisent une croissance de 0,6 %, bien en dessous des 8,4 % de l’année écoulée.
c) Le secteur de la construction reste dans le rouge : recul de 1,2 % prévu en 2012 après une décroissance de 2 % en 2011. « The contraction is mainly due to completion of some major private construction projects (hotels and commercial buildings) », fait ressortir Statistics Mauritius.
d) Le tourisme retourne en territoire négatif (-0,5 %) après une croissance de 3,5 % en 2011. Les arrivées pour cette année sont estimées à 960 000 sur la base des données disponibles sur les huit premiers mois, contre 964 642 en 2011. Les revenus touristiques avoisineront les Rs 42,5 milliards par rapport à Rs 42,8 milliards pour l’année écoulée.
e) Croissance de 4,4 % (moins que les 4,9 % de 2011) anticipée dans le secteur du transport, du stockage et des communications.
f) L’intermédiation financière (banques, assurances, etc.) croîtra de 4,8 % contre 5,5 % en 2011.
g) Prévision de croissance de 8,3 % (9 % l’année dernière) au niveau des autres business activities.
Passant ensuite en revue la situation concernant l’investissement, Statistics Mauritius, se fiant à des informations concernant les projets en cours et à venir, estime que le montant global s’élèverait à Rs 78,5 milliards, soit une progression de 2,4 % en termes nominaux alors qu’en termes réels, une contraction de 0,7 % est attendue, confirmant la situation morose qui a prévalu en 2011 (-0,3 %). L’investissement privé ne décolle pas, il reculera de 3,3 % cette année après une faible croissance de 1,9 % l’an dernier. Par contre, l’investissement du secteur public rebondira : +7,7 % en 2012 après une contraction de 4,7 % en 2011, un revirement causé par la mise en chantier de projets de développement de l’infrastructure routière, d’extension de l’aéroport et de construction de bâtiments publics comme la prison.
Le taux d’investissement défini comme le ratio de l’investissement par rapport au Produit intérieur brut (PIB) passerait de 23,8 % à 22,8 %. Les données officielles laissent voir que la part du secteur privé dans les investissements totaux est en diminution (de 76,7 % à 74,7 %) alors que celle du secteur public grimpe de 23,3 % à 25,3 %.
Par ailleurs, Statistics Mauritius rapporte que les dépenses de consommation totales des ménages et du gouvernement vont croître de 2,6 % cette année, soit légèrement plus qu’en 2011 (2,5 %). Le taux de l’épargne nationale subira également un petit recul, passant de 15 % à 14,9 %.