Le directeur général de la Mauritius Red Cross Society, Deenarainsing Ramnauth – qui avait déposé une motion en Cour suprême pour demander qu’un ordre d’injonction soit émis contre le trésorier, Avinash Shabajee –, a finalement retiré cette dernière hier à l’issue de débats devant le juge en chambre.
L’ordre recherché avait pour but de contraindre le trésorier à émettre le chèque nécessaire qui permettrait au directeur de couvrir les frais requis pour sa participation à la réunion de l’International Committee for the Red Cross, qui se tiendra à Sydney du 9 au 20 novembre. Selon nos informations, le directeur a concédé qu’il n’y a aucune urgence pour lui d’être présent à ces délibérations.
Le trésorier, soutenu par d’autres membres du comité directeur national, s’est principalement opposé au déplacement du directeur en raison des fonds que le voyage aurait nécessité. Selon les chiffres qu’il a soumis, M. Deenarainsing aurait en effet besoin d’une somme de Rs 45 424 pour le paiement de son billet d’avion, qu’il avait réservé à l’agence Rev Voyages, ainsi que de Rs 94 787, représentant le montant requis pour couvrir les allocations per diem lors de son séjour en Australie. M. Shabajee – qui était représenté devant le juge par Mes Ravi Rutnah, avocat, et Kaviraj Bokhoree, avoué – s’est élevé contre le départ de  Deenarainsing Ramnauth, arguant que la somme d’argent prévue à cet effet pourrait servir à des fins plus utiles.
Rappelons que cette affaire a été appelée lundi devant le juge Prithiviraj Fekna. Celui-ci, après avoir écouté les arguments présentés par le plaignant, a ajourné les débats à mardi matin pour entendre cette fois la partie adverse. C’est à la suite des points de vue avancés par Avinash Shabajee qu’il a été décidé qu’il serait préférable que le directeur retire sa motion. Selon des sources, Deenarainsing Ramnauth prendrait contact avec des responsables de comités régionaux pour que ceux-ci lui avancent les fonds nécessaires pour couvrir ses frais de séjour à Sydney.
Par ailleurs, la motion présentée par Mitranand Nurjandhoa, vice-président de la Mauritius Red Cross Society, ainsi que six autres membres de la direction, devant le juge en chambre, contre Ormeela Jawaheer – qui, depuis 2010, agit comme présidente –, est toujours en suspens. L’affaire avait été appelée devant le juge Prithiviraj Fekna le mois dernier. Dans cette démarche, les plaignants réclamaient un ordre intérimaire afin d’empêcher Ormeela Jawaheer d’agir comme présidente et de s’ingérer dans les affaires de la société, en attendant que se tiennent de nouvelles élections pour renouveler la composition du conseil de direction. Dans le même temps, les plaignants demandaient qu’ils soient autorisés à constituer un caretaker management committee et qu’Ormeela Jawaheer remette toutes les propriétés de la Société.
Le juge Fekna n’a pas émis l’ordre demandé. Il a renvoyé l’affaire au 22 octobre afin de permettre aux deux parties de présenter leurs arguments. En attendant, comme la partie défenderesse l’a fait comprendre, Ormeela Jawaheer s’est engagée à s’occuper des affaires courantes de la société, en attendant que le juge statue sur la motion de la partie plaignante.
Hormis Mitranand Nurjandhoa, les plaignants sont Vishal Sunny Dhawotal, Affrose Bibi Sattar, Jean Pascal Volbert, Salim Mohamad Jauforally, Ranveer Deenoo et Avinash Shabajee. Ils occupent diverses fonctions au sein de la société. Les co-défendeurs sont : la Mauritius Red Cross Society, le ministère de la Santé, Rubina Daureeawoo-Daood, conseil légal et membre du conseil de direction de la société, Khuleel Daureeawoo, médecin de la société, qui siège au sein du conseil de direction, et Komal Sreekeessoon, membre de la société ayant été injustement licencié, selon la plainte. Dans celle-ci, qui a été rédigée par Me Kaviraj Bokhoree, les plaignants rappellent que la société a été créée par un acte du Parlement, la Mauritius Red Cross Society Act de 1973. Dix ans plus tard, ses règlements ont été établis.