Pour sa 2e édition de la Caravane de Dood, la Croix-Rouge de Maurice, en collaboration avec la Plateforme d’intervention régionale de l’océan Indien (PIROI), propose un jeu mêlant les principes de « serpents et échelles » et de « Trivial Pursuit » pour sensibiliser les adultes et les enfants aux risques des catastrophes naturelles. Jeudi, ils étaient dans l’enceinte du supermarché du Winner’s de Chemin-Grenier, où des habitants ont eu aussi l’occasion d’être initiés aux gestes des premiers secours.
À l’entrée du supermarché, un tapis de 100 cases numérotées – illustré d’échelles, de paysages, de symboles de catastrophes naturelles, de points d’interrogations ou encore d’une lampe allumée – est installé sur le sol. Des enfants sont debout sur le tapis, sur les cases plus précisément. Dans un coin, un dé géant de couleur bleue attend le prochain joueur. Avec l’aide de Sharon Ramanah, employé de la Croix-Rouge, ou de Sajeedah Rosun, étudiante et volontaire au sein de l’organisme, le joueur soulève le dé avant de le lancer. Les deux animatrices aident les enfants à se déplacer sur le tapis.
Au Mauricien, Navin Mahadoo, chargé de programmes et responsable de gestion des catastrophes et réduction des risques, explique le principe du jeu. « Les enfants se déplacent de case en case en fonction du chiffre qu’ils tirent au lancer du dé. Lorsqu’il arrive à la lampe allumée, c’est un bonus info. L’animatrice tire la prochaine carte sur laquelle une nouvelle information est inscrite. Par exemple, on explique aux enfants ce qu’il faut faire si, sur le chemin de l’école, un pont est inondé. » Mais « que faut-il faire dans ce cas ? » demande  Sajeedah Rosun aux enfants. « Il ne faut pas continuer parce que c’est dangereux », répond Rayan Dodin, 8 ans et  élève en grade 4 à l’école primaire Sok Appadu, de Chemin-Grenier. « Et lorsqu’il y a un tremblement de terre ? » demande-t-on. « Il faut s’arrêter », renchérit Tivan Sunasee, élève en grade 6 à la même école. Il entend par là qu’il faut arrêter la voiture si on roule. Le jeune garçon ne savait pas ce qu’il fallait faire. Et si on n’est pas dans la voiture ? Rayan donne une démonstration : il se recroqueville les mains sur  la tête. Le garçon a passé toute la journée sur place, souligne Sajeedah Rosun. Il a gagné le premier tour et le deuxième a été remporté par Tivan. Le jeu comprend cinq séries de 20 cartes d’information ou de questions posées aux joueurs lorsqu’ils se retrouvent sur les cases dédiées à cette intention. Les thématiques abordées sont : les inondations, la houle, les cyclones, les glissements de terrain et les tsunamis. Des informations pratiques sont ainsi données, comme qui appeler en cas de danger, à savoir le 114 pour le Samu, le 115 pour les pompiers et le 999 pour la police.
La petite Chitisha Appadoo explique : « C’était très intéressant. J’ai appris beaucoup de choses. » Âgée de 9 ans, elle était accompagnée de son grand-père, Danaya, qui, entre-temps, s’initiait aux premiers secours, séance dispensée par une autre équipe de volontaires. « Je trouve que c’est une bonne façon d’initier les enfants aux risques liés aux catastrophes naturelles. Souvent, ils ne sont pas conscients des dangers », soutient pour sa part Leena Greedharry, enseignante du primaire qui était aux côtés de ces deux fils, Nayish et Dejash, lesquels ont aussi participé au jeu. « On était venu manger une glace lorsqu’on nous a proposé le jeu. On s’est dit pourquoi pas ? » ajoute notre interlocutrice.
Ce jeu, indique le directeur général de la Croix-Rouge Maurice, Meethilesh Nashib, a été élaboré par la PIROI et a été adapté au contexte mauricien. Aujourd’hui, la Croix-Rouge de Maurice est au Grand-Baie Coeur de Ville tandis que, demain, elle sera à Flacq Coeur de Ville.