Au sein de plusieurs confessions, le carême est une période où les croyants se consacrent davantage au spirituel. Un temps de sacrifice et de prière qui permet de réaffirmer sa foi et de repenser son mode de vie durant le jeûne. C’est ce que soulignent ceux que Scope a rencontrés cette semaine, alors que les musulmans se préparent pour le Ramadan.
Le jeûne du Ramadan, un des cinq piliers de l’islam, est considéré comme une obligation pour les musulmans. Comme le souligne Yasmine, “cette période nous permet de nous soulager de toutes les impuretés, de nous rapprocher de ceux qui ne mangent pas à leur faim”. La démarche pour entrer en carême ne constitue pas une contrainte pour sa famille. “Les choses se passent normalement pour nous, hormis le fait que nous prenons le déjeuner le matin avant le lever du soleil. Il n’y a pas de changement radical de nos habitudes, car la prière fait déjà partie de notre quotidien.”
Adaptation.
“Ce n’est pas le fait de se priver de nourriture qui va changer le monde. Ce sont vraiment des actes de bonté et de charité envers son prochain qui peuvent le faire.” C’est ce que soutient Hema. Mariée à Jean-Noël, elle observe les carêmes hindou et catholique, en les adaptant à sa situation.
Il en est de même pour Rajambal. Issue d’une famille pratiquante qui lui a inculqué tout ce qu’elle devrait savoir de la foi tamoule, elle a cependant adapté les choses à sa façon et sa situation. En raison de son travail et d’un emploi du temps très chargé, elle va prier au temple que dans les grandes occasions, comme pour le Cavadee. Mais carême ou pas, pour ces deux interlocutrices, ce qui compte, c’est la façon d’agir avec les autres.
Pour Nadine et son époux Kevin ainsi que pour Yasmine, le carême est un temps qui permet de se ressourcer. C’est une halte, une occasion pour se purifier spirituellement et se rapprocher de son créateur.
Repères.
Nadine et Kevin soulignent que ce moment sacré leur donne des repères dans la vie. “Nous nous faisons plus proches des autres et de Dieu. Nous nous remettons aussi en question pendant cette période.” Kevin estime que le carême a toute sa place, alors que nous vivons dans un monde en pleine mutation. “Nous croyons que Dieu nous accompagne dans notre vie de tous les jours et que c’est Lui qui nous guide et nous invite à nous mettre au service des autres”. Il soutient que sa famille est comblée par cette présence divine. “Il nous comble à sa façon. À nous de savoir accueillir ce qu’Il nous donne.”
C’est en famille que le carême se vit. À la lumière de la lecture d’un passage de la Bible, le temps est au partage et aux prières. Nadine précise que cela permet non seulement de resserrer les liens familiaux mais enseigne aux enfants leur croyance et leur donne l’occasion d’approfondir leur foi.
Bonté.
Rajambal observe le carême une fois par semaine, après en avoir fait la promesse lorsque sa mère était tombée malade. Mais elle concède que “c’est assez difficile dans la vie de tous les jours. Il y a tellement de choses à prendre en considération”. Elle donne un sens au sacrifice : “Je prie avec les autres membres de ma famille pour ceux qui sont malades.”
Elle s’efforce néanmoins d’aller au-delà des apparences : “Mon attitude envers les autres n’est pas différente pendant le carême et en dehors de cette période. J’essaie d’avoir la même bonté envers les autres dans mon quotidien. Pour moi, c’est ce qui est le plus important. Je vis donc une vie normale, carême ou pas. La seule chose qui change dans ma vie est que pendant le carême, je ne mange pas de chair.”
Tranquillité.
Un principe qu’Hema a également adopté. Pour elle, chaque carême demande une préparation psychologique. “Mais le plus important, ce n’est pas le fait de faire des privations mais de pouvoir pardonner à son prochain, par exemple, et de pouvoir vivre en paix et en harmonie avec les autres. La prière nous aide également à changer notre regard sur les autres, à ne pas dire des méchancetés sur eux et nous rapproche de Dieu”, souligne Hema.
Pour tous nos interlocuteurs, le carême a toute sa place. Plus qu’une démarche religieuse, c’est une démarche de foi pour devenir des êtres meilleurs. “Le carême nous apporte de la tranquillité”, conclut Yasmine.