Selon un sondage effectué par Cruelty Free International, une ONG basée au Royaume-Uni, auprès de 3 000 personnes dans cinq pays européens (Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie et Suisse), plus de la moitié (53 %) des personnes interrogées envisageant de venir ou ayant déjà visité Maurice changeraient d’avis à cause du commerce de singes en vigueur dans l’île.
Qualifiant Maurice de « destination de vacances très prisée des voyageurs européens pour ses plages, son climat tropical, ses sites patrimoniaux ainsi que sa faune et sa flore sauvages », cette ONG fait ressortir que « l’île cache un secret que 92 % des touristes et de touristes potentiels en provenance de ces pays ignorent, à savoir l’exportation par l’île de singes destinés à des expériences médicales ». Elle poursuit : « Cette image du tourisme vert est assombrie par le rôle majeur que joue Maurice dans la fourniture de singes à l’industrie mondiale des laboratoires de recherche. Au cours de l’année 2014, 8 991 singes ont été exportés vers des laboratoires situés principalement en Europe et aux États-Unis. Pourtant, ce commerce est insignifiant d’un point de vue économique comparé au tourisme. Moins de 2 % des recettes d’exportation de l’Île Maurice porte sur les singes, soit une fraction infime de l’industrie du tourisme ».
Selon Cruelty Free International, des dizaines de milliers de singes sont détenus dans des fermes dans l’île. « Un grand nombre d’entre eux ont été capturés à l’état sauvage et sont emprisonnés dans ces fermes pour mettre au monde une progéniture qui sera acheminée vers les laboratoires. Privés de leur liberté dans la végétation abondante de leur jungle, ces individus passent leur vie derrière des barreaux, sur le béton. Les singes sont ensuite exportés vers l’étranger dans de petites caisses prévues pour le fret aérien, souvent dans ces mêmes avions transportant les touristes », avance-t-elle. Cette étude démontrerait qu’un pays « qui exploite cruellement sa population de singes sauvage » perd les faveurs de ceux envisageant de visiter le pays. Par ailleurs, 57 % des personnes interrogées souhaitent un arrêt du commerce de singes, refusant de soutenir tout pays s’adonnant à cette pratique.
La directrice des projets spéciaux de cette ONG, Sarah Kite, demande au gouvernement mauricien de « refuser la cruauté et la souffrance qui est infligée à ces animaux sauvages extrêmement sociables et intelligents. » Elle ajoute : « Sinon, il pourrait bien se rendre compte que les touristes choisissent de passer leurs vacances ailleurs. L’île Maurice doit être un paradis pour chacun d’entre nous, y compris les singes ». Selon les statistiques officielles, Maurice a accueilli, en 2014, un total de 1 038 968 touristes, particulièrement des Français, Britanniques et Allemands.