Il y avait les livres, les dollars, les euros et autres roupies. Désormais, on doit aussi compter sur les devises virtuelles avec, en tête de file, le fameux Bitcoin. Est-ce à dire qu’il faudra revoir nos habitudes financières ? Rien n’est moins sûr.
Le tout nouveau Samsung Galaxy S4 pour seulement 8,7 Bitcoins (BTC), ou encore la dernière Mercedes pour environ 1,500 BTC, cela vous tente ? Mieux : avec 1 Bitcoin à peine, vous pouvez obtenir environ 332 exemplaires de Scope, soit un exemplaire chaque semaine pendant environ… 6 ans et demi. Mais quelle est cette étrange monnaie tombée du ciel ? D’où vient-elle ? À quoi sert-elle ? Et, surtout, peut-on “lui faire confiance” ?
Tout d’abord, il faut savoir que cette “devise” est en réalité une crypto-monnaie. Ensuite, elle n’est pas la seule à avoir vu le jour. La première du genre est née en 2009, créée par un “pseudo Japonais” du nom de Satoshi Nakamoto, mais qui serait en réalité d’origine britannique. Quoi qu’il en soit, en lançant sa propre monnaie, à moindre coût puisque virtuelle, l’homme aura réussi à imposer celle-ci sur la scène mondiale, créant un incroyable engouement, tant dans le monde hi-tech que celui de la finance.
Car le Bitcoin prend de plus en plus d’importance. Cette monnaie électronique décentralisée se porte même plutôt bien, alors que la planète entière est plongée dans une crise sans fin. Face à elle, même l’or et l’argent ne pèsent plus très lourd. Et ce qui est vrai pour le Bitcoin l’est également pour les autres monnaies alternatives qui s’en sont inspirées, tels que le Litecoin ou encore le FeatherCoin.
Pas un phénomène nouveau.
L’argent virtuel n’est cependant pas nouveau. On se rappellera ainsi des points Microsoft ou encore des dollars Linden de Second Life. Mais à la différence des Bitcoins et consorts, ces “vraies-fausses” devises ne servaient en fait que dans le cadre d’applications ou de services bien ciblés. Ce qui n’est pas le cas des crypto-monnaies, qui permettent déjà de s’acheter de véritables produits et services, même si ces derniers sont encore limités. Bref, presque comme une vraie monnaie.
Pour comprendre le principe de ces monnaies peer-to-peer, il faut savoir qu’elles s’appuient sur le concept d’une quantité limitée de ressources. Un peu comme l’or, que l’on peut acheter et vendre, mais en aucun cas reproduire. Tout comme le métal jaune donc, les “mines” de Bitcoins et Litecoins, entre autres, s’épuisent inéluctablement. Ainsi, les machines reliées au réseau de ces monnaies participent en temps réel au calcul des transactions, influençant donc la valeur des “devises” concernées.
Mais quels sont donc les avantages de ces nouvelles monnaies ? Et à l’inverse, quels sont leurs inconvénients ? En premier lieu, il faut savoir que les crypto-monnaies sont décentralisées. Aucune autorité n’ayant de fait de droits sur elles, elles n’engendrent aucune dette et restent à l’abri des pressions inflationnistes, ce qui n’est évidemment pas le cas des monnaies fiduciaires. En outre, les transactions sont sécurisées, bien que la préservation de l’anonymat soit toute relative. Enfin, la monnaie étant virtuelle, il est de fait impossible de la contrefaire.
Quel avenir ?
Les monnaies peer-to-peer ne sont toutefois pas exemptes de reproches. Leur principal défaut concerne justement leur aspect virtuel, qui en fait une cible de choix pour les hackers. Par ailleurs, puisqu’elles ne dépendent d’aucune autorité, ces monnaies électroniques peuvent donner lieu à des manipulations boursières sauvages. Et ce ne sont là qu’une partie de leurs inconvénients.
Quoi qu’il en soit, difficile pour l’heure de savoir si les crypto-monnaies ont un réel avenir, en tout cas dans la logique de leur conception actuelle. Bien sûr, certains continueront encore de crier à “l’arnaque planétaire”, tout comme d’autres vénéreront ces nouvelles “devises” en clamant qu’elles “sauveront” l’économie mondiale. Mais en dehors de ces considérations fanatiques, il convient d’admettre que leur présence apporte un éclairage nouveau sur l’économie, et probablement une nouvelle manière de l’aborder. Car leur usage reste pour l’heure relativement moral et, au final, ne fait de tort à personne, les gains ou les pertes ne concernant que ceux ayant accepté les règles du “jeu”.
Surtout, ces devises virtuelles nous ramènent à une réalité plus planétaire : celle de la décentralisation programmée de la création monétaire. Est-ce à dire que les Bitcoins et autres Litecoins finiront par s’imposer sur le marché mondial ? L’avenir nous le dira !