Les employés du Crystal Beach Resort Ltd seront appelés aux urnes jeudi prochain pour décider du sort de la reconnaissance syndicale de l’Organisation of Hotel, Private Club and Catering Workers Unity (OHPCCWU). En effet, après avoir écouté la semaine dernière les deux parties, à savoir la direction de l’établissement hôtelier de Palmar et les délégués syndicaux, l’Employment Relations Tribunal (ERT) a opté pour la tenue d’un vote à bulletins secrets. Toutefois, la Fédération des Travailleurs Unis (FTU), négociateur et porte-parole de l’OHPCCWU auprès de l’hotel et de l’ERT, dénonce des « tentatives de découragement » de la direction envers les employés.  
La FTU a, à de nombreuses reprises, dénoncé la « répression syndicale » qui est effectuée contre les employés de l’hôtel Crystal Beach Resort Ltd, situé à Palmar. Une vague de licenciements a en effet eu lieu il y a un mois. Dans une déclaration au Mauricien,  Pradip Kumar Pursun, Administrator and Director of Human Ressources à Crystals Beach Resort & Spa avait indiqué que ce « dégraissage » avait eu lieu « en suivant les procédures ». Ayant informé le ministère de la situation financière de l’hôtel suite à la baisse du taux d’occupation, ce dernier devait soutenir que ce « dégraissage » était inévitable. Mais du côté de la OHPCCWU, affilié à la FTU, cette vague de licenciements aurait touché uniquement les employés ayant exprimé leur intention d’être syndiqués. D’autre part, la direction de l’hôtel, présente au ERT vendredi dernier, dit ne pas reconnaître l’OHPCCWU comme syndicat. Lindley Bergue, son président, ne partage toutefois pas cet avis. « Nous avons à notre actif plus de 30% du personnel de l’hôtel », a-t-il fait comprendre. Après avoir écouté les arguments des deux parties, l’ERT a ainsi misé pour l’organisation et la supervision d’un vote à bulletins secrets pour déterminer du sort de la reconnaissance syndicale. Les employés de cet établissement de l’Est seront donc appelés à dire s’ils acceptent ou pas qu’un syndicat défende leurs intérêts.
Cet exercice, qui a été fixé par l’ERT pour le 12 juin, devra se tenir entre 10h30 et 14h30 au siège de l’hôtel. Cependant, la FTU soutient que, depuis cette annonce, « des menaces sont proférées envers les employés ». D’ailleurs, la fédération, représentante des droits syndicaux des employés, a révélé ce type de pratiques dans une lettre envoyée aujourd’hui à l’ERT. Selon Atma Shanto, président de la FTU, le vote à bulletins secrets, sous la section 38 de l’Employment Relations Act (EReA) 2008, doit se tenir sans que les employés ne subissent d’actes répressifs. Or, selon les explications dans cette correspondance, tel ne serait pas le cas. « Recently several verbal complaints have been received from our members/workers posted in different department that the employer is now deliberately initiating that camera de surveillance shall be placed/used along the place where the ballot shall take place, which is directly impacting on them », explique ainsi la fédération. La présence de caméras de surveillance, selon M. Shanto, permettra à la direction de reconnaître les employés qui voteront, « et donc de prendre des sanctions contre ces derniers ». Condamnant l’attitude de l’établissement hôtelier, l’OHPCCWU et la FTU demandent à l’ERT de s’assurer que le vote se passe « dans des conditions appropriées ».