Une semaine après la publication des nouvelles lignes directrices de la Corporate Social Responsibility, le collectif des organisations non gouvernementales exprime sa déception de l’absence de discussion sur la question. Une rencontre avec le ministre de l’Intégration sociale, Suren Dayal, sera sollicitée afin de lui soumettre des contre-propositions.
« Les acteurs sur le terrain n’ont pas eu voix au chapitre. Nous avons été mis devant des faits accomplis et nous sommes contraints de nous y faire. » C’est ainsi que Patricia Adèle-Félicité, porte-parole du collectif des organisations non gouvernementales (ONG) exprime le sentiment des travailleurs sociaux après la publication des nouvelles lignes directrices (guidelines) de la Corporate Social Responsibility (CSR).
Le collectif des ONG, qui regroupe une trentaine d’organisations oeuvrant auprès des plus démunis de la société, avait soumis une liste de propositions au ministère de l’Intégration sociale. Parmi, on relève la nécessité d’une approche intégrée dans le combat contre la pauvreté et la remise en question de la notion de « projet », qui exclut le travail dans le long terme.
Patricia Adèle-Félicité regrette que cela n’ait pas été pris en considération. « Ce qui veut dire que nous nous retrouvons à rédiger des projets et à frapper à la porte des entreprises à chaque fois pour soumettre une nouvelle demande d’aide. »
Notre interlocutrice prévoit même qu’il sera plus difficile pour les ONG de bénéficier de financement sous le CSR car le champ d’intervention a été élargi. À ce sujet, des questions subsistent sur la pertinence d’autoriser le financement des projets liés à la lutte contre les chiens errants et les campagnes pour la sécurité routière. On se demande combien d’ONG oeuvrent dans ces deux domaines.
Le collectif des ONG constate ainsi que ses revendications sont toujours valables. « À titre d’exemple, fixer le seuil de pauvreté à Rs 5 000 est irréaliste. Dans une famille où le mari et la femme travaillent, on dépasse facilement cette somme. Cela ne veut toutefois pas dire qu’ils ne sont pas en difficulté. »
Le collectif compte solliciter une rencontre avec le ministre de l’Intégration sociale, Suren Dayal, pour lui soumettre des contre-propositions reflétant la réalité du terrain.