La Mauritius Employers Federation, à travers son CSR Fund, et UN Habitat, à travers son Urban Youth Fund, ont créé en 2012 une Mauritian Youth Window dans le but d’encourager les jeunes à concevoir et à mener à terme des idées de projets sociaux, à être financés jusqu’à un montant maximal de Rs 300 000, après approbation, par des entreprises. Six projets concernant les enfants de rue, les sports et l’environnement sont actuellement à l’étude et devraient être montés dans le courant de l’année.
Cette démarche, explique Luvna Arnassalon-Seerungun, CSR Executive à la MEF, a été rendue nécessaire « parce que les jeunes Mauriciens manquent d’encouragement pour créer des projets et les mener à terme, peut-être parce que seules les ONG enregistrées ont accès aux fonds du CSR. Mais les jeunes qui sont intéressés peuvent se faire parrainer par ces ONG qui opèrent déjà sur le terrain pour mener leurs projets dans leur propre environnement, là où ils habitent ou ils travaillent ».
Priscilla Li Ying, Youth Development Officer auprès de UN Habitat, ajoute que le Urban Youth Fund finance des projets à travers le monde dans les pays en voie de développement. Mais, comme Maurice ne se trouve pas parmi ces pays, « nous avons adapté ce fonds au contexte mauricien en lançant le Mauritian Youth Fund Window ». Les jeunes, réunis en groupes, devront donc faire leurs demandes au MEF CSR Fund mais aussi sur le portail de UN Habitat. A préciser que si leurs projets sont approuvés, ils ne bénéficieront que d’un seul financement d’un montant maximal de Rs 300 000 ou de 25 000 dollars américains par projet, s’ils sont approuvés par l’instance onusienne. Le Urban Youth Fund impose les critères suivants : les jeunes devront être âgés de 15 à 32 ans, ils doivent être organisés en clubs, en associations ou ONG, entre autres.
Une fois les idées reçues à la MEF CSR Fund, elles sont évaluées, discutées et écrites. « Les jeunes peinent dans l’écriture des projets », indique Luvna Arnassalon-Seerungun. Les projets retenus seront envoyés à d’éventuels donateurs, qui sont des entreprises, pour financement. 15 % seulement du financement alloué doit être consacré aux coûts administratifs. Le reste, soit 85 %, doit aller à la communauté. Les six projets qui sont en examen actuellement viennent de Roche-Bois, de Cité-Barkly, de Pamplemousses et de Bambous. Les projets approuvés devront être durables mais ils bénéficieront du soutien financier du MEF CSR Fund ou de UN Habitat sur une période de dix mois seulement. Par la suite, ce sera au tour des jeunes de trouver d’autres moyens financiers pour assurer la pérennité de leurs projets.
S’agissant de la formation des jeunes relativement à leurs projets, Luvna Arnassalon-Seerungun indique qu’ils le sont par le biais des ONG qui les parrainent. Priscilla Li Ying ajoute qu’il s’agit d’intégrer les jeunes dans le développement social et économique de la communauté. Elle trouve que les jeunes ne sont pas assez motivés et organisés, « peut-être parce qu’ils ne sont pas au courant des facilités qui existent. Nous essayons de les motiver. Nous ne voyons pas les jeunes comme des gens qui ne font rien mais comme des acteurs actifs du changement. Ce sont eux qui vont mener le changement, pas recevoir le changement ».
Chaque projet est supervisé régulièrement par un mentor qui aide aussi les groupes de jeunes à mener à bien leur projet. Des visites sont également effectuées par le MEF CSR Fund et UN Habitat pour évaluer le progrès accompli, non seulement avec les initiateurs mais aussi avec les bénéficiaires.
Cette démarche du MEF CSR Fund et de UN Habitat vise, comme pour tous les projets CSR, les personnes dont les revenus ne dépassent pas Rs 6 200. « Nous n’irons pas vers ceux qui ont de gros moyens avec ces projets financés par des fonds du CSR. Nos sponsors ne vont jamais accepter cela », fait ressortir Luvna Arnassalon-Seerungun.