Mardi dernier, le groupe Lafarge célébrait sa journée pour la sécurité routière au niveau international. Lafarge Maurice n’est pas en reste. Darshan Baijnath, responsable des ventes et du marketing, devait affirmer au Mauricien que pour construire la sécurité routière de demain, il faut oser devancer des lois…
Mardi, il est environ 13 heures. Nous nous sommes frayés un chemin jusqu’au site de Lafarge à Chausée Tromelin, Port-Louis — un no man’s land pour journalistes ; l’accès en zone portuaire est normalement refusé aux membres des médias et c’est là une occasion particulière de glaner des images rares, entre autres. Entre autres, car aujourd’hui se présente surtout une opportunité de nous intéresser de plus près à la vision de la Corporate Social Responsibility (CSR) de cette société. 13 h 45, nous sommes conviés dans une petite salle, à l’entrée du site — une aire de repos destinée aux chauffeurs.
Cet après-midi, la direction inaugure une télévision, « un moyen d’éducation par l’image », nous rappelle Vincent Lenette. Lors de cette cérémonie, des reflective pouches (attaches auto réfléchissantes pour ceinture de sécurité) sont remis à des chauffeurs.
Cette initiative, pilotée par Lafarge Training, serait une extension d’un projet débuté en 2007. À Chundun Heeramun, directeur des ressources humaines et de la health and safety, de préciser : « Au départ, la loi ne requiert pas le port de la ceinture de sécurité pour les chauffeurs de gros porteurs (…) nous venons donc avec nos propres principes de sécurité routière ». C’est dans cet esprit-là que, dès 2007, Lafarge s’implique dans une vaste campagne de conscientisation auprès des chauffeurs pour le port de la ceinture de sécurité. Un court-métrage avait même été réalisé à cet effet. Et d’ajouter, « la télévision permettra de véhiculer des messages de sensibilisation, dont notre petit film, et ce en quasi permanence ».
« C’est qu’il faut être persistent », rappelle quant à lui M. Heeramun. Il ne serait pas chose aisée d’éduquer des chauffeurs qui ont des habitudes bien ancrées, poursuit-il. Il serait donc question chez Lafarge d’une pédagogie intégrée qui « porte ses fruits au-delà du cadre professionnel », nous soutient Vincent Lenette. Lafarge, agent du changement, nous présente son cheval de bataille : émettre un standard de sécurité dans tous ses terminaux. Son exigence : encourager les bons réflexes.
Par ailleurs, cette année, deux activités avaient été au programme de la CSR de Lafarge : une inspection des pneus et une distribution de ceintures de sécurité. M. Heeramun nous affirme qu’il ne s’agit pas là de toucher uniquement les employés de Lafarge mais également les chauffeurs de camions taxis qui livrent sur les chantiers des particuliers, entre autres. Tous les gros porteurs sont pris en considération. Lafarge veille au grain à ce que toutes les charges maximales (full loads) ne soient pas dépassées. « Les camions à vide sont pesés à leur arrivée et pesés de nouveau lors du départ (…) l’excédent est comparé à notre base de données (…) les full loads de tous les camions sont répertoriées », nous précise Darshan Baijnath.
En sus de cela, un exercice de communication accompagne le mouvement. Chundun Heeramun nous explique que les camionneurs sont invités à partager leurs informations sur les angles morts. Un tableau est même prévu à cet effet.
Au 25 Octobre : 1477 jours sans accident
Chundun Heeramun, directeur du personnel et responsable de la health and safety, se félicite des 1477 jours sans accident (no loss time injury). Ce dernier rappelle que les chiffres de Lafarge, dans la région, ne sont pas toujours flatteurs. La cause : infrastructures routières désuètes. Il évoque une trentaine de mortalités dont la moitié due à la route, en région africaine.