Le bras de fer engagé entre la National Energy Commission, présidée par Dev Manraj, Senior Adviser au Prime Minister’s Office (PMO), et le Central Electricity Board (CEB), sur la mise à exécution du projet de centrale thermique de CT Power, s’accentue. La commission Manraj maintient la pression sur le CEB pour un quasi-gel des étapes précédant le démarrage du chantier de construction de la centrale d’une capacité de 100 MW à Pointe-aux-Caves, Albion à compter de juillet prochain. Ainsi, lors des délibérations d’hier, la commission a institué un Working Group sous la présidence du directeur général du Mauritius Research Council (MRC) pour un examen approfondi du dossier de CT Power.
Les échanges lors de la réunion de la commission Manraj d’hier ont été quelque peu houleux dès l’ouverture avec l’adoption du procès-verbal des discussions de la semaine dernière. Les représentants de la Platform pou Lenerzi Renouvelab se sont appesantis sur le fait que le projet de CT Power fait partie du mandat de cette instance, chargée de soumettre des recommandations au gouvernement au sujet de la politique énergétique.
L’ex-Platform Sitoyen anti-charbon conteste la position adoptée selon laquelle la construction de la centrale à charbon de Pointe-aux-Caves représente un « On-Going Project » et de ce fait, la NEC n’est pas habilitée à se prononcer ou encore à recommander des décisions à ce sujet. Après des discussions ardues et pour contourner la controverse prenant de l’ampleur, la NEC a opté pour la mise sur pied d’un Working Group technique présidé par le Dr Sudhoo avec pour membres le Pr Ramjeeawon, le Dr Khalil Elahee et l’expert en environnement, Yan Hookoomsing.
Ce Working Group disposera d’un délai pour soumettre ses observations au sujet du projet de CT Power à la NEC et des paramètres utilisés par le CEB pour soutenir les projections retenues dans l’Energy Integrated Plan 2013/2022. Pendant cette période, il a été proposé au CEB de ne pas aller de l’avant avec la signature de tout contrat ou de tout engagement formel avec les promoteurs du projet jusqu’à la fin des travaux de la NEC. Le calendrier de la commission Manraj établi prévoit que les recommandations officielles sur le projet de CT Power devront être présentées au gouvernement vers la fin du mois d’avril.
Cette demande s’est heurtée à une résistance de la part des représentants du CEB en raison de ce qui est présenté comme « une urgence » en matière de planification énergétique. Le directeur général du CEB, Shiam Thannoo, qui n’a pris aucun engagement, compte soumettre cette proposition de la NEC au conseil d’administration du CEB lors de sa prochaine réunion pour toute décision appropriée. Entre-temps, le CEB a été sommé de tenir la NEC informée de la teneur des discussions et consultations avec les promoteurs de CT Power, en particulier par rapport aux 31 conditions énumérées par le ministère de l’Environnement le 23 janvier dernier dans le cadre de l’Environmental Impact Assessment Licence.
L’accent a été mis sur l’importance de la clause 15 des conditions et portant sur la nécessité de la part des promoteurs de CT Power de fournir des garanties financières d’au moins Rs 6 milliards avant la reprise des procédures pour la construction de la centrale de CT Power. Les membres de la commission ont été informés officiellement que le président de la NEC et le secrétaire permanent au ministère de l’Énergie ont participé à un premier round des discussions au plus haut niveau avec les ministères des Finances et des Services publics sur cette exigence préalable. Mais aucun autre détail n’a été communiqué en raison de la poursuite des discussions sur le caractère extrêmement délicat de cette demande de garanties financières.
Outre le fait que la NEC envisage de prendre contact avec l’International Renewable Energy Agency (IRENA), la décision a été prise de demander au CEB d’organiser des ateliers de travail en vue de vulgariser les détails de l’Energy Integrated Plan des dix prochaines années.