Une première confirmation du calendrier de réalisation du projet de centrale thermique à charbon de Pointe-aux-Caves, Albion, a été communiquée par les promoteurs lors de leur audition devant la National Energy Commission (NEC), hier. En effet, tout semble indiquer que les premiers kiloWattheures seront exportés sur le National Grid du Central Electricity Board (CEB) à partir de décembre 2015. Néanmoins, des membres de la commission Manraj sont restés sur leur faim quant aux aspects fondamentaux, dont le coût de production du kW/h ou encore le taux de mercure dans le charbon importé. De leur côté, les représentants de Mauritius CT Power Ltd, par la voie d’un communiqué émis par l’agence de communication Medi@Talks, se déclarent satisfaits du déroulement de la séance de travail d’hier.
Pour les besoins de cette présentation générale du projet, la Mauritius CT Power Ltd était représentée par Babita Jowaheer, directrice, Mme Margaret V., Chief Financial Officer, Sundrum Muthusamy, Project Director et Me Désiré Basset, Senior Counsel, conseil légal. Ils étaient accompagnés de Pawan Parikh, Chief Executive Officer de Shapoorji Pallonji EPC, Ashish Panden de TATA Engineering, P. K Uppal, Executive Director, Bharat Heavy Electricals Ltd, Rajeev M. Dixit, Project Technical Advisor et Sanjiv Gandhi, Financial Advisor. Après cette étape initiale, ils ont été soumis à un feu roulant de questions sur des aspects délicats du projet.
Des membres de la NEC ont difficilement caché leurs appréhensions devant le flou, pour ne pas dire l’absence d’assurance sur des points cruciaux du fonctionnement de la centrale thermique à charbon de Pointe-aux-Caves. D’abord, les promoteurs de CT Power ont confirmé qu’il leur faudra 27 mois à compter de septembre prochain, soit décembre 2015, en vue de produire les premières unités d’électricité pour le compte du CEB.
Toutefois, aucune réponse n’a été « forthcoming » à la question portant sur le coût de production d’une unité de kiloWattheure. « Nous trouvons cette situation très inquiétante car les promoteurs semblent n’avoir aucune idée du coût de l’unité d’électricité de CT Power. Même pas un ordre de grandeur. Nous nous demandons si le CEB sera mis devant un fait accompli, et donc par extension la population, quant aux coûts de production de cette centrale », affirmaient des membres de la commission Manraj après la réunion d’hier.
Une autre inquiétude des membres de la commission concerne le taux de mercure dans le charbon qui sera importé par le CEB pour le compte de CT Power aux termes du partenariat agréé. Aux questions pressantes de la commission, les représentants de CT Power n’ont pas été en mesure de fournir la garantie formelle que « it is providing the best coal technology, guarantee that this technology will have the least impact on the environment ».
Vu que la séance d’hier était la seule prévue pour l’audition des représentants de CT Power, ces derniers ont pris l’engagement de fournir par écrit ultérieurement des éléments de réponses aux interrogations de la commission Manraj.
Le communiqué de Medi@Talks rapporte un commentaire du Project Director à l’effet que « Nous sommes très satisfaits de cette première rencontre avec la National Energy Commission. La rencontre s’est déroulée dans une atmosphère cordiale et mutuellement enrichissante. Notre objectif est de servir le pays et sa population, en utilisant les bienfaits de la technologie moderne. Nous sommes convaincus que notre projet va grandement contribuer à améliorer les conditions de vie des habitants du pays en assurant la pérennité de son développement économique exemplaire et remarquable, en répondant à ses besoins futurs en électricité. Ceci dans des conditions optimales de respect et de protection de l’environnement sous la rigoureuse supervision des autorités concernées ».
Le débat autour de la position de juge et partie du Central Electricity Board dans le projet de CT Power continue à faire rage dans les milieux de la commission. Dev Manraj, président de la NEC, s’est évertué à calmer le jeu en soutenant que le General Manager du CEB, Shiam Thannoo, siège sur cette instance en sa capacité individuelle. Mais pour les spécialistes, le véritable test interviendra au moment de la mise en application de la clause 16 de l’Environmental Impact Assessment Licence, soit l’approbation du design de la centrale thermique, dont le CEB est partie prenante avec une participation à hauteur de 26 % de l’actionnariat.