Le MMM, par la voix de son leader p. i., Alan Ganoo, a exprimé, hier matin, son « entière solidarité » au militant écologiste, Jeff Lingaya, en grève de la faim pour protester contre le projet de centrale à charbon de CT Power. « Le gouvernement porte la responsabilité de la controverse autour de ce projet », a-t-il laissé entendre lors de sa première conférence de presse en tant que leader suppléant du MMM et leader de l’opposition. M. Ganoo évoque, à ce propos, « l’opacité » ayant, selon lui, entouré, depuis le début, ce projet de production d’électricité à Pointe-aux-Caves à partir du charbon. Il accuse le ministère de l’Environnement d’avoir défendu l’affaire « du bout des lèvres » lors du procès en appel interjeté par les promoteurs. Alan Ganoo critique aussi le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, pour ce qu’il trouve être ses « commentaires racistes » quand ce dernier est venu parler, vendredi au Morne, de « charbon blanc et charbon noir ».
Evoquant la grève de la faim de Jeff Lingaya qui proteste contre l’entrée en opération, à Pointe-aux-Caves, du projet de centrale à charbon de CT Power, Alan Ganoo indique que le MMM est « entièrement solidaire » du militant écologiste et de la Plate-forme citoyenne qui le soutient dans son combat. « Nous dénonçons, dit-il, la façon par laquelle le gouvernement a traité ce dossier depuis le début ». Le leader p. i. du MMM explique que, depuis 2006, son parti dénonce ce qu’il juge être « l’opacité » qui entoure ce projet. Il rappelle, à ce propos, qu’il n’y a pas eu d’appel d’offres avant l’acceptation de celle des promoteurs derrière ce projet et, qu’en plus, le Power Purchase Agreement liant CT Power au Central Electricity Board (CEB) n’a jamais été rendu public.
Le leader de l’opposition trouve que le gouvernement porte la responsabilité de toute la controverse autour de ce projet de production d’électricité à partir du charbon. Il rappelle que la demande initiale des promoteurs pour un permis d’Environment Impact Assessment (EIA) avait été rejetée et que ces derniers avaient interjeté appel. Rappel aussi que c’est le Premier ministre qui avait évoqué le fait que le dossier aurait pu avoir été « tempered with » lors d’une intervention à une cérémonie socioculturelle. « C’est du bout des lèvres que le ministère de l’Environnement a défendu l’affaire en appel », allègue Alan Ganoo qui rappelle, qu’au final, CT Power a obtenu sa EIA Licence qui est assortie de 31 conditions à respecter.
Le leader p. i. du MMM rappelle, d’une part, les nombreuses pétitions et autres marches de protestation des habitants des régions limitrophes de Pointe-aux-Caves — Albion non mais Pointe-aux-Sables — contre ce projet de centrale à Charbon de même que l’action parlementaire de l’opposition MMM au travers de questions parlementaires et autres interventions. Il constate, malheureusement, que le gouvernement a fait la « sourde oreille » à ces protestations. « Voilà où nous en sommes ! « , déclare le leader de l’opposition qui critique, au passage, ce qu’il considère être les « commentaires racistes » de Navin Ramgoolam autour des protestations contre ce projet quand ce dernier a parlé, vendredi, au Morne, de « charbon blanc et charbon noir ».
Alan Ganoo déclare que le MMM soutient la demande du gréviste de la faim, Jeff Lingaya et de la Plate-forme citoyenne pour que le Power Purchase Agreement liant CT Power au CEB soit rendu public. Donnant, à ce sujet, la réplique au président du PTr, Patrick Assirvaden, le leader p. i. du MMM rappelle qu’alors qu’il était ministre de l’Energie sous le dernier gouvernement MSM/MMM, répondant à une question du Dr Arvin Bolell, alors membre de l’opposition PTr en mai 2004, il avait révélé qu’une copie du Power Purchase Agreement qui avait été, à l’époque, conclu entre CTDS et le CEB avait été déposée à la biliothèque de l’Assemblée nationale le 15 octobre 2003. Alan Ganoo soutient qu’il en avait été de même pour l’accord conclu avec Savanah.
En revanche, affirme le leader p. i. du MMM, l’accord conclu sous un gouvernement PTr entre le CEB et l’établissement sucrier de Belle-Vue quand Deva Virahsawmy était ministre de l’Energie n’a jamais été rendu public. « Il faut, effectivement, rendre public le Power Purchase Agreement liant CT Power et le CEB pour que l’on sache le coût par kWh de l’énergie électrique que ces promoteurs entendent vendre au CEB », soutient le leader de l’opposition. Alan Ganoo ne manque pas de souligner qu’il se pourrait bien qu’avec les 31 conditions attachées à la EIA Licence de CT Power, ses promoteurs soient tentés de réviser à la hausse le prix de vente de leur énergie. Ce qui, pour lui, serait inacceptable.
Par rapport à la demande des protestataires pour que l’EIA Licence soit révoquée, le leader de l’opposition explique que la loi ne permet une telle chose que dans le cas où un promoteur ne respecte pas les clauses imposées. D’où la demande du MMM pour l’élaboration d’un Environment and Social Monitoring Plan visant à permettre, non seulement, au directeur de l’Environnement mais à l’ensemble des forces vives, par le biais de leurs experts, de veiller au grain au bon respect des conditions imposées dans l’EIA Licence. « C’est la pratique que recommande des agences de financement telles la Banque Mondiale (BM) », explique-t-il.
SICOM/Elite Tower : « Silence étonnant de XLD »
De manière plus générale, le leader p. i. du MMM estime que toute cette affaire CT Power aura permis d’étaler au grand jour la « cacophonie » qui, selon lui, règne au gouvernement. Il en veut pour preuve les critiques indirectes de Patrick Assirvaden contre le ministère de l’Energie quand ce dernier laisse comprendre que l’on est en train de « bat-baté » au CEB où rien n’a été fait en matière d’exploitation des sources d’energie renouvelable. Alan Ganoo explique, à cet effet, que quand lui il était ministre de l’Energie, le coût d’exploitation de ces énergies alternatives était prohibitif, tel ne serait plus autant le cas, aujourd’hui, huit ans après. Il cite, sous ce rapport, l’exemple réunionnais.
Par ailleurs, à propos du dossier SICOM/Elite Tower, le leader de l’opposition s’étonne de ce qu’il qualifie du « silence » du ministre des Finances, Xavier Duval, sur toute la question. « Qu’il rende publics tous les procès-verbaux et autres détails entourant l’accord entre le promoteur immobilier et la compagnie d’assurances d’Etat », demande-t-il. Alan Ganoo réclame, dans le même ordre d’idées, que le gouvernement rende public le rapport du comité ministériel présidé par le ministre des Infrastructures publiques, Anil Bachoo qui avait été institué en juillet 2010 pour ce pencher sur toute la question d’allocation des terres de Business Park of Mauritius Ltd (BPML). Il déclare, à ce sujet, être en présence d’informations à l’effet que ce rapport qui est déjà prêt et qui contiendrait plein de révélations sur certaines pratiques a, déjà, été discuté au Conseil des ministres.
Par rapport à la situation au Mauritius Institute for Training and Development (MITD), le leader p. i. du MMM explique qu’alors que l’on aurait pu croire, comme l’a, lui même, laissé entendre, le leader en congé du MMM, Paul Bérenger, qu’il y avait comme un ressaisissement après les « abus » et autres atteintes à la démocratie, la « répression » est repartie de plus belle, récemment, avec la suspension et la comparution devant un comité disciplinaire de Hemandat Madhow, président du syndicat des employés de cet institut tombant sous la juridiction du ministère de l’Education et de la Formation professionnelle. « Au MMM, nous dénonçons cela et exprimons notre solidarité à ce syndicaliste », indique-t-il.
Classement RSF : « Voilà où nous mènent les menaces du PM ! « 
La dégringolade par huit places de Maurice dans le classement annuel de Reporters Sans Frontière (RSF) pour ce qui concerne la liberté de la presse fait aussi l’objet de commentaires du leader de l’opposition. Pour lui, le fait que le pays, jusqu’à tout récemment considéré comme une « shining democracy » se retrouve, désormais, à la 62e place, se faisant même devancer par nombre de pays en Afrique témoigne, si besoin est, que la liberté de la presse est, effectivement, menacée à Maurice. « Voilà où cela nous mène avec les menaces du Premier ministre et son allergie à la critique ! « , commente-t-il avant de souhaiter que le chef du gouvernement se ressaisisse.
Alan Ganoo qui réitère, par ailleurs, la demande du MMM au gouvernement pour remédier aux nombreux problèmes à Agaléga indique que le député de son parti, Adhil Ameer Mea, sera dans la délégation officielle qui se rendra, prochainement, dans l’île. Il demande, à ce propos, au Premier ministre d’intervenir auprès de son ministre des Administrations régionales, Hervé Aimée, qui conduira la délégation, pour que ce déplacement se fasse le plus rapidement possible car les choses pressent.
Au sujet du prochain Sommet du Commonwealth théoriquement prévu de se tenir au Sri Lanka en novembre prochain, le leader de l’opposition qui indique que les pressions se poursuivent sur les autorités de ce pays pour le plein rétablissement, sur place, du « rule of law » et de la démocratie indique qu’à vendredi, la Grande-Bretagne ne s’était pas encore décidée si elle allait participer, ou non, à ce Sommet. Alan Ganoo qui évoque aussi un projet de vote des Etats-Unis aux Nations unies contre ce pays demande au gouvernement, au nom de l’opposition MMM, que Maurice réclame une venue autre que le Sri Lanka pour le Sommet 2013 du Commonwealth au cas où les abus perdurent dans ce pays.
Le leader de l’opposition critique, par ailleurs, le fait que pour la cérémonie officielle de vendredi à l’occasion de l’anniversaire de l’abolition de l’esclavage à Maurice, le chef du gouvernement soit venu faire « son showman » plutôt que d’évoquer les « vrais problèmes » d’intérêt pour les Mauriciens. D’autant que, trouve-t-il, « le moral de la population est au plus bas » et qu’il s’agissait de la première sortie officielle de l’année du Premier ministre. « Fidèle à lui-même, trouve Alan Ganoo, Navin Ramgoolam a parlé de tout sauf de l’essentiel ».
Le leader du MMM indique, en conclusion, que le Remake de 2000 « qui est en parfaite santé », se prépare déjà aux manifestations autour de la Journée Internationale de la Femme officiellement célébrée le 8 mars et de la Fête du Travail, le 1er mai. Il indique aussi que, selon le Dr Zuberr Joomye qui a accompagné Paul Bérenger pour son traitement à Paris, tout s’est très bien passé pour les tests du leader en congé du MMM qui, dit-il, « garde un moral fort ». Les résultats de ces tests, rappelle Alan Ganoo, seront connus au courant de la semaine.