Malgré un calme apparent sur le front du Central Electricity Board (CEB), il y a de l’électricité dans l’air, que ce soit pour le projet de centrale thermique à charbon de 100 MW de CT Power à Pointe-aux-Caves ou de la ferme photovoltaïque de Bambous de 15 MW, dont les principaux promoteurs sont des proches du ministre Jim Seetaram au sein de la compagnie Sarako PVP Co. Ltd. Même si des accords ont été signés entre le CEB et les promoteurs de ces deux projets dans le secteur électrique, très peu d’indications sont disponibles publiquement quant au calendrier d’exécution.
Le bras de fer engagé avec la National Energy Commission, dont le président est Dev Manraj, Special Adviser au Prime Minister’s Office, d’une part, par la compagnie CT Power et, d’autre part, par le CEB, se poursuit de manière sournoise. Malgré les précédentes garanties formelles de coopération avec la Commission Manraj, ni le CEB ni CT Power n’ont répondu aux questionnaires d’éclaircissements élaborés par la NEC suite à la présentation du plan d’énergie du CEB et du projet de la centrale thermique de Pointe-aux-Caves.
Les réponses fournies par le CEB et CT Power auraient dû faire partie intégrante du rapport de la NEC, qui devra en principe être publié dans une quinzaine de jours. « Il semblerait que le CEB et CT Power font la sourde oreille aux demandes de la Commission. Il est un fait qu’incessamment, un Reminder leur sera servi car nous sommes d’avis que jusqu’ici, la NECa fait preuve de bonne volonté. Soon, it will be time to call it a day », indique-t-on du côté de la NEC, qui continue à fonctionner même si son président, Dev Manraj est hors-curcuit physiquement pour raisons de santé.
Des prochaines recommandations de la NEC sur le projet de CT Power sans les observations du CEB et des promoteurs de la centrale n’auront pour conséquences que de jeter de l’huile sur le feu. Déjà, les 31 conditions imposées sous l’EIA Licence, nécessitant des investissements supplémentaires, viennent s’ajouter aux coûts d’opération. À ce jour, CT Power n’a pas encore révélé officiellement le coût de production du kiloWattheure même si ce point noir figure en bonne place dans le questionnaire oublié.
Des spécialistes en Energy Economics soutiennent qu’en tenant en ligne de compte ces nouveaux éléments, le coût du kWh de la centrale de Pointe-aux-Caves devrait être dans la fourchette de Rs 6.30 à Rs 7.00, soit 40% plus cher que les estimations initiales de 2008. Ce paramètre se compare également de manière nettement défavorable au coût du kWh des Independent Power Producers (IPP) avec une moyenne de Rs 3.40 alors que pour le diesel, il est de Rs 5.40. Le nouveau coût unitaire de CT Power est encore supérieur aux Rs 6.06 de kWh d’énergie solaire généré pour le compte du CEB.
De son côté, le projet de ferme photovoltaïque à Bambous, soit à côté du réservoir de La-Ferme, continue à susciter des vagues. Il est maintenant confirmé que le divorce deSarako PVP Co. Ltd avec des partenaires chinois est consommé. L’Energy Supply and Purchase Agreement (ESPA), signé le 21 mai dernier entre le CEB et les représentants de Sarako, Sham Sheer Sing Seetaram, Chief Executive Officer, et Gupt Rajeev Singh Bundhoo, General Manager, confirme de nouveaux partenaires allemands.
Sarako PVO Co. Ltd compte mettre à exécution de projet de ferme photovoltaïque d’une capacité de 15 MW en collaboration avec une société incorporée en Allemagne, soit la TS Almeria 6 Gmbh. Les rares détails sur les nouveaux partenaires allemands de la famille Seetaram sont révélés par le biais d’une retranscription d’une Skype Conference Call en date du 16 mai(voir fac-simile plus loin).
Les deux représentants de la compagnie allemande sont Zeno Fleck et Markus Karl. Ces derniers avaient été contactés par skype en vue d’obtenir leur assentiment pour la signature de l’accord formel avec le CEB. Autrement, le document de 143 pages de l’accord ne comporte aucun autre élément sur le Track Record de cette compagnie allemande dans ce domaine. L’accord également stipule que « the lead shareholder and other shareholder shall have the financial standing and resources to fund the required equity and to raise the debt necessary for undertaking and implementing the project. » Un exercice de Due Diligence de la part du CEB fait cruellement défaut.
Néanmoins, les 4e et 6e paragraphes de la Seller Harmless Letter de Sarako au CEB en date du 17 mai confirment les risques d’un problème au sein du partenartiat avec le CEB prenant le soin d’une couverture tous risques. « Should the CEB suffer any damages of any kind in connection of the ESPA as a result of a dispute between the initial, current and future collaborators or shareholders of Sarako PVP Co. Ltd., then Sarako PVP Co. Ltd shall indemnify and keep indemnified the CEB for any damages of any kind the latter may suffer », est forcé à reconnaître le CEO Sham Seetaram.
Le délai pour la construction et la mise en opération de cette ferme photovoltaïque est de 240 jours après la signature de l’accord du 21 mai dernier, soit au plus tard au début de l’année prochaine. Au cas où 90 jours avant la Scheduled Commercial Operation Date (SCOD), les promoteurs se retrouvent dans l’incapacité d’honorer cet engagement, le CEB sera habilité à évoquer une rupture de contrat de la part de Sarako avec des réclamations de dommages et intérêts.
Avant le démarrage des travaux sur le site, Sarako PVP Co. Ltd est tenu à faire avaliser tous les plans par les ingénieurs du CEB. Ces derniers ont un délai de 15 jours pour les approbations et passée cette période, Sarako PVP Co. Ltd est en mesure de démarrer. Le CEB a l’obligation de suivre le déroulement des travaux en exigeant des rapports mensuels des promoteurs.