Le gréviste de la faim Jeff Lingaya, protestant contre le projet de centrale thermique à charbon, CT Power, à Pointe-aux-Caves, Albion, veut des garanties fermes du gouvernement. C’est ce qu’il a laissé entendre dans la soirée de jeudi après avoir pris connaissance des décisions sur le dossier de l’énergie entériné lors de la réunion du conseil des ministres. À un certain moment, il avait même menacé de poursuivre la grève de la faim en enlevant toute perfusion. Mais la force de persuasion des membres du Comité Sutyen Lagrev Lafaim demandant à Jeff Lingaya de donner une nouvelle chance aux négociations enclenchées depuis mercredi devait prévaloir pour l’instant.
Les recoupements d’informations effectués par Le Mauricien auprès des sources concordantes indiquent que le gréviste de la faim était arrivé à la conclusion que les « avancées obtenues verbalement du gouvernement n’avaient pas été traduites dans les décisions du conseil des ministres ». L’absence de toute allusion aux contrats des Independent Power Producers ou encore la volonté politique de revoir les procédures pour l’octroi du EIA Licence à CT Power n’auraient pas été appréciées par Jeff Lingaya, qui s’était déclaré déterminé à poursuivre la grève de la faim sans le recours à la perfusion et au risque d’une nette détérioration de sa santé.
Ainsi, l’une des décisions prises par les membres du comité de soutien et de la Plateforme Citoyenne, consultés d’urgence, jeudi soir, a été de transmettre au gouvernement une nouvelle lettre réclamant des garanties fermes et précises sur les points agréés précédemment. « Compte tenu du caractère délicat des négociations en cours, nous préférons ne pas rendre publics les détails de cette lettre adressée au gouvernement », a fait comprendre au Mauricien un des animateurs du comité de soutien.
Dans la matinée, des représentants du comité de soutien et de la Plateforme Citoyenne ont rencontré le Parliamentary Private Secretary, Patrick Assirvaden, pour préciser le contexte des discussions avec le gouvernement et les points en litige. D’autre part, avec la décision du gouvernement visant à instituer une National Energy Audit Commission, une première réunion pourrait se tenir dès mardi.
L’un des principaux sujets à l’ordre du jour de cette nouvelle instance, dont la principale attribution est l’élaboration de la politique nationale énergétique, est la question des contrats passés entre les Independent Power Producers, principalement les sucriers, et le Central Electricity Board. Ce dernier organisme para-public n’aurait aucune objection à « disclose publicly » les détails de ces contrats.
La commission Manray devra convoquer les compagnies sucrières engagées dans la cogénération d’énergie électrique pour leur présenter cette décision du gouvernement allant dans le sens de la transparence. D’aucuns affirment que des détails cruciaux de ces « contrats secrets » avec des compagnies sucrières sont déjà du domaine public.