Outre le fait que CT Power soit une offre non sollicitée (et donc en contradiction avec les exigences de l’Union Européenne, qui est en faveur d’appels d’offres internationaux), le projet de centrale à charbon sera également polluant, malgré les nombreuses restrictions qui lui seront imposées.
Cette semaine, nous abordons les dangers que représentent les centrales à charbon pour l’environnement et la santé humaine.
Sachez avant tout qu’il existe déjà quatre centrales thermiques qui utilisent du charbon à Maurice. En effet, quelques usines sucrières se servent du charbon comme matière première pendant l’entre-coupe en remplacement de la bagasse ou alors en combinant les deux matières premières. Le projet CT Power aura une capacité nettement supérieure à ces centrales existantes. À elle seule, CT Power utilisera la même quantité de charbon que les quatre centrales réunies et doublera donc l’importation de charbon.
Maladies.
Rappelons que le charbon a pour origine le bois des forêts tropicales de l’ère primaire, il y a plus de 300 millions d’années. “Il est fait plus précisément de débris de végétaux terrestres (comme les feuilles et le bois) et du carbonifère qui se sont décomposés dans l’eau, à l’abri de l’air et qui ont formé cette source d’énergie dite fossile. Il constitue de ce fait une source de carbone très importante”, souligne Vassen Kauppaymuthoo, ingénieur en environnement.
L’utilisation d’une centrale à charbon augmentera grandement les risques de certaines maladies chez les personnes exposées. “Les métaux lourds formés par la combustion du charbon sont en principe bioaccumulatifs : ils se concentrent dans les tissus adipeux de l’organisme jusqu’à atteindre une concentration élevée, et ils sont la cause principale de cancers et de maladies neurodégénératives dans les zones contaminées. Les enfants sont en général plus touchés”, souligne Vassen Kauppaymuthoo. La prolifération de maladies cardio-vasculaires et respiratoires, ainsi que des problèmes de développement chez les nouveau-nés ne seront pas à écarter, provoqués par les déchets qui seront rejetés dans l’atmosphère.
Pollution.
Les méfaits pour l’environnement causés par ces déchets sont multiples. Les métaux lourds ont tendance à s’accumuler aussi bien dans la terre que dans l’eau, et les contaminent. “Les légumes et les animaux terrestres pourraient être contaminés, tout comme les animaux marins.”
La combustion du charbon est un phénomène d’oxydation violente qui se matérialise par des flammes et qui produit de nombreux gaz polluants. “Le processus de combustion commence par le réchauffement du combustible au-dessus de sa température d’ignition en présence d’oxygène. Sous l’effet de la température, les composés qui constituent le carburant sont séparés. Si la combustion est complète, les éléments de carbone, d’hydrogène et de soufre réagissent avec l’oxygène contenu dans l’air pour former respectivement du dioxyde de carbone, de la vapeur d’eau et du dioxyde de soufre et, dans une moindre mesure, du trioxyde de soufre.”
Toxicité.
Toujours selon Vassen Kauppaymuthoo, lors de la combustion, d’autres déchets sont également formés, à l’instar des cendres volantes éjectées dans l’atmosphère par la cheminée, qui sont très toxiques et qui doivent en principe être récupérées avec des filtres. Des mâchefers, qui sont les résidus de combustion qui se retrouvent dans le fond du four, sont également formés. “Or, il y a dans le bois et donc dans le charbon, naturellement, des métaux lourds en très faible quantité. La grande quantité de charbon utilisée et le processus de combustion en lui-même font que ces derniers se concentrent dans les cendres volantes et le mâchefer, qui contiennent de ce fait des concentrations anormalement élevées de ces éléments très toxiques. Il faut également noter que ces cendres sont parfois radioactives à cause du radon et de l’uranium qui y sont présents et qu’elles contiennent aussi les fameuses dioxynes et furannes qui sont des composés organo-chlorés ainsi que des polluants qui se sont formés par recomposition lors de l’incinération”, précise l’ingénieur en environnement.