Le mouvement de protestation contre le projet CT Power enfle. Mais les autorités continuent à rester silencieuses sur la question. Cela rajoute à la consternation provoquée par ce projet. Qui, s’il se concrétise, aura des conséquences dramatiques sur l’environnement et la santé publique.
Parmi les actions qui retiennent l’attention, la grève de la faim qu’entame Jeff Lingaya, citoyen engagé, au Jardin de la Compagnie à Port-Louis. “Je ne bougerai pas tant que CT Power ne sera pas suspendu”, maintient-il. Autour de lui, d’autres citoyens ont lancé des actions pour sensibiliser l’opinion publique et pour tenter de ramener les autorités à la raison sur ce projet. Rezistans ek Alternativ a apporté son soutien à l’initiative de Jeff Lingaya, tout comme d’autres groupes et particuliers qui font le va-et-vient au Jardin de la Compagnie. Chaque soir, des activités sont organisées : sessions musicales et causeries figurent au programme.
Inquiétude.
Par ailleurs, Azir Moris a manifesté, cette semaine, avec deux groupes de onze personnes devant le ministère de l’Environnement et le Parlement. Et compte aller plus loin dans sa démarche ce mercredi. Pour sa part, la Plate-forme Citoyenne a décidé de s’en remettre au Premier ministre en personne pour que le projet n’aille pas de l’avant.
Ce soulèvement citoyen résulte directement de l’inquiétude qui gagne de plus en plus les Mauriciens au sujet de ce projet de centrale à charbon. Le souci de préservation de l’environnement s’ajoute aux répercussions potentielles sur la santé des habitants de la région provoquées par la fumée qui se dégagera de la centrale. La prolifération de maladies cardiovasculaires et respiratoires, de problèmes de développement chez les nouveau-nés, de troubles d’apprentissage et de risques accrus de cancer, est très crainte, comme l’atteste une étude intitulée Coal’s Assault on Human Health par Physicians for Social Responsibility. Étude visible sur le lien suivant : http://www.psr.org/resources/coals-assault-on-human-health.html.
Crane protest.
D’autre part, le laxisme dont font preuve le ministère de l’Environnement et l’État face à ce projet laisse pantois les contestataires. Le magistrat Patrick Kam Sing avait d’ailleurs souligné les lacunes dans le dossier monté par le ministère de l’Environnement pour son refus initial d’un permis EIA à CT Power. “Puisque le ministre de l’Environnement a démissionné de ses obligations envers l’environnement, nous allons solliciter une rencontre avec le Premier ministre et nous remettre à son bon jugement”, soutient Fabiani Balisson de la Plate-forme citoyenne.
Si l’on en croit Jameel Peerally, les grandes manoeuvres de la part d’Azir Moris vont débuter bientôt. “Nous allons montrer jusqu’où nous sommes prêts à aller pour que ce projet nocif ne soit pas concrétisé. Nous avons vu que les marches n’ont servi à rien. Nous allons changer de stratégie pour gagner ce combat. Nous allons innover. Nous irons jusqu’au bout des choses.”