Le Premier ministre a souhaité hier que l’EIA Appeal Tribunal donne son jugement sur l’appel interjeté par CT Power contre une décision de l’EIA committee le plus vite possible. Il a par la même occasion annoncé avoir décidé, après consultation avec le chef juge Bernard Sik Yuen, de présenter au parlement les amendements nécessaires pour que l’EIA Appeal Tribunal soit une instance permanente du fait des retards enregistrés dans le traitement d’autres dossiers actuellement en appel.
Abordant le dossier de CT Power, Navin Ramgoolam a expliqué que lorsque l’entreprise est venue voir le gouvernement en vue de la construction d’une centrale charbon de 100 mgw, le gouvernement avait alors répondu positivement. Cette décision, a-t-il observé, avait été suivie d’une série de critiques accusant le gouvernement de s’être lancé dans un « unsollicited bid ». De plus, le projet avait donné lieu à une campagne intense concernant le danger que représente le charbon pour la santé. « J’avais consulté le professeur Joël de Rosnay, qui m’avait assuré que la centrale pouvait être construite à condition que certains changements soient apportés », a dit le Premier ministre. Par la suite, l’affaire est allée devant l’EIA committee du ministère de l’Environnement, qui a rejeté le projet. « Le gouvernement n’avait nullement interféré dans cette affaire mais, explique Navin Ramgoolam, par la suite, j’ai été amené à comprendre que certaines personnes ont donné une fausse image de certaines choses. Ce qui avait provoqué le rejet du projet. C’est la raison pour laquelle nous les avons encouragés à faire appel devant l’EIA appeal Tribunal. »
Navin Ramgoolam a reconnu que l’affaire avait enregistré un retard. Il a affirmé avoir évoqué le sujet avec le chef juge, qui a donné son accord concernant la création d’un tribunal à plein temps. Il a aussi dit avoir repris contact avec Joël de Rosnay, qui lui a réaffirmé que le projet est toujours possible, à condition toutefois que des technologies modernes et non polluantes soient utilisées.
Le président de la Mauritius Tamil Temples Federation, Menon Marday, avait le premier attiré l’attention sur la centrale à charbon en demandant au Premier ministre de s’assurer que le secteur énergétique ne soit pas dominé par un petit groupe de personnes et de s’assurer que ce secteur soit démocratisé. Le leader de l’opposition a rebondi sur cette remarque pour faire l’historique du CT Power et attirer l’attention sur le fait que les promoteurs attendent le jugement de l’EIA Tribunal depuis près d’un an. Ce qui le « trouble » dans cette affaire, selon lui, c’est qu’alors que les promoteurs attendent depuis une année, le CEB a lancé des appels d’offres concernant la construction d’une centrale à charbon de 100 mgw et que des discussions sont en cours avec Medine S.E. Il est également question de promoteurs chinois qui s’intéresseraient aussi à la construction d’une centrale à charbon de 100 mgw, a lancé Paul Bérenger. Il a cependant accueilli favorablement la proposition du Premier ministre d’apporter un amendement de la loi sur l’Environnement afin que l’EIA Appeal Tribunal devienne une instance permanente. Mais, dit-il, « il faut le faire très vite ». Cependant, dans l’éventualité que ce tribunal reprenne le dossier CT Power, il demande que le tribunal continue son travail sans le reprendre depuis le début, et ce afin de ne pas retarder indûment le jugement.
Alors que l’on attend impatiemment le jugement de l’EIA Appeal Tribunal sur ce dossier, l’Union européenne, par le biais de son ambassadeur à Maurice, M. Mariani, a affirmé qu’il y a un « open bidding » en vue de la construction d’une centrale à charbon de 100 mgw.
Parmi les autres sujets évoqués hier soir, Paul Bérenger et Navin Ramgoolam ont parlé de la situation au Sri Lanka, les deux hommes se trouvant ici sur la même longueur d’onde. Le Premier ministre a annoncé que, malgré l’insistance du Sri Lanka, Maurice a voté contre ce pays devant le Conseil des droits de l’homme. Maurice, ajoute-t-il, fera tout pour soutenir les tamouls dans ce pays.
De son côté, Menon Marday a souhaité que, dans le cadre de la réforme électorale, le système de Best Losers soit maintenu, demandant que les tamouls soient pris en compte. Quant à Paul Bérenger, il a lui aussi soutenu qu’une « bonne réforme électorale avec une dose de proportionnelle » serait « une très bonne chose pour la démocratie parlementaire » et « bénéficierait à tout le monde, dont les tamouls ».
Navin Ramgoolam n’a pas évoqué ce sujet. Mais dans un discours prononcé la veille au centre Swami Vivekananda à l’occasion d’une cérémonie organisée par le centre culturel tamoul, il avait expliqué que le Best Loser System ne sera pas aboli, mais plutôt « intégré » dans le nouveau système électoral.