L’attribution du Environment Impact Assessment (EIA) à The (Mauritius) CT Power, le 23 janvier, a déclenché une vague d’indignation parmi la population, dont la plate-forme citoyenne, qui a vu le jour dès que le Tribunal de l’Environnement a sommé le ministère d’ attribuer un permis à la compagnie. 31 conditions dont 20 supplémentaires sont attachées au EIA Licence. Mais, d’ores et déjà, des zones d’ombre sont notées, dont le mystère entourant l’identité du promoteur domicilié à Saint-Paul, Phoenix. la Plate-forme Citoyenne pour dire Non à la Centrale à charbon à Pointe-aux-Caves demande ainsi la révocation ou la démission immédiate du ministre Deva Virahsawmy.
La Plate-forme citoyenne conteste certaines conditions de l’EIA Licence. Ayant relevé des « contradictions » entre les points 2 et 12 du permis délivré mercredi à (Mauritius) CT Power Ltd en vue de l’installation d’une centrale à charbon à Montagne-Jacquot, Pointe-aux-Caves, la Plate-forme se tournera vers la justice à travers leur hommes de lois, dont Me Roshi Badain. Elle demande également que soit rendu public le contrat entre le promoteur et le Central Electricity Board (CEB). Il est stipulé que c’est au CEB de fournir le charbon à la Centrale à Charbon. « Existe-t-il un contrat entre CT Power et le CEB ? Et si tel est le cas, quels sont les points que doivent respecter les deux parties ? » s’interroge Yannick Cornet, ingénieur de profession. C’est pour cette raison précise qu’il réclame que soit rendu public le contrat CT Power-CEB.
Revenant sur deux des 31 conditions imposées, il explique que (Mauritius) CT Power Ltd pourrait acheter du charbon avec une tierce partie si le CEB ne peut lui fournir la quantité nécessaire. Ainsi, l’interdiction du transport du charbon par voie routière durant les heures de pointe (as from 9h30 to 14h30 and after 18h up to 21h at latest) est mentionnée, alors que la condition N°12 stipule que « the proponent agrees that the transportation of coal will be supplied by the CEB to the project site shall be by sea route instead of by road as from first date of the operation of the power plant. »
Dans un deuxième temps, le point N°5 oblige (Mauritius) CT Power Ltd à revoir l’emplacement de son bâtiment ainsi que la structure du projet. (Mauritius) CT Power Ltd a dû faire une nouvelle application pour l’obtention d’une EIA Licence « car dans la précédente demande, provision n’a pas été faite pour le transport de charbon par la mer. »
Par ailleurs, les déclarations du ministre Deva Virahsawmy à un hebdomadaire, selon lesquelles les forces vives sont à blamer, démontrent « une méconnaissance et un profond mépris de la loi », estime le porte-parole de la plate-forme. Par conséquent, la plate-forme demande au Premier ministre, Navin Ramgoolam (actuellement absent au pays) d’intervenir et de révoquer le ministre ou demande au ministre Virahsawmy de démissionner.
« Ce n’est pas le ministère qui est à blâmer si CT Power a reçu son EIA licence, mais les forces vives elles-mêmes. Je vous donne deux raisons. D’abord, elles n’ont pas déposé devant le Tribunal de l’Environnement. Ensuite, elles ne se sont pas rachetées en contestant le jugement du tribunal »,ces propos sont du ministre de l’Environnement et du Développement durable, Deva Virahsawmy, à un hebdomadaire. S’appuyant sur l’étymologie du mot ministre, Fabiani Balisson, une des chevilles ouvrières de la plate-forme citoyenne, a soutenu qu’« un ministre est un serviteur » et qu’en tenant de tels propos, Deva Virahsawmy « fait preuve d’une méconnaissance voire d’un mépris profond de la loi. »
Revenant sur les explications déjà fournies lors des congrès nocturnes pour sensibiliser la population mais principalement les habitants d’Albion, Pointe-aux-Sables et diverses agglomérations de la région quant au risque que représente l’implémentation d’une centrale à charbon tant sur le plan de la santé, de l’environnement voire économique, il rappelle qu’à la suite du rejet de l’application des promoteurs malaisiens, ces derniers ont fait appel contre la décision du ministère. Et qu’il est écrit noir sur blanc dans le jugement rendu par l’Environment Appeal Tribunal que l’Environment Impact Assessment (EIA) Licence devait être octroyée étant donné que les experts du ministère ne se sont pas présentés pour soutenir les points évoqués dans le refus d’accorder la licence.
« C’est le ministère qui n’a pas défendu son cas et qui ne s’est pas racheté en faisant appel dans le délai de 21 jours dont il disposait. La société civile n’était pas habilitée à le faire. Pour qu’un projet comme CT Power voie le jour, il faut qu’il y aithighest integrity and probity. Et c’était au ministère de l’Environnement et au ministre lui-même de s’en assurer. C’est lui qui octroie et annule les permis. Si on suit sa logique, si demain il y a un accident, il dira que c’est de notre faute », insiste Fabiani Balisson.