La Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), par la voix de sa présidente, Jane Ragoo, a réclamé, entre autres, que le 7 octobre soit décrété jour férié. Cette confédération syndicale, qui représente les quelque 350 000 employés du secteur privé, a marqué ce matin la Journée mondiale pour le travail décent (célébrée chaque 7 octobre dans le monde) par une série de manifestations à Rose-Hill, où il y a eu, en début de matinée, un atelier de travail au siège de la CTSP, puis une marche pacifique et enfin un dépôt de gerbes au Monument des travailleurs.
« Notre première demande c’est que le 7 octobre soit un congé public. Les politiciens ont accaparé le 1er mai qui est supposé être la Fête du travail et des travailleurs, et en ont fait un événement politique. Tout en continuant à bénéficier d’un jour de congé le 1er mai, nous réclamons que le 7 octobre de chaque année, jour de célébration de la Journée mondiale pour le travail décent dans le monde, soit décrété jour de congé public, afin que tous les travailleurs du pays, sans distinction aucune, qui sont en réalité le vrai moteur du progrès et du développement du pays, puissent avoir une journée à eux pour réfléchir sur leur avenir », a expliqué Jane Ragoo à une centaine de membres de la CTSP.
La deuxième revendication de la CTSP : que les employeurs soient légalement obligés de soumettre au ministère du Travail et des Relations industrielles, ainsi qu’au syndicat concerné, une copie du Risk Assessment qu’ils sont tenus de faire chaque deux ans.
La troisième et dernière demande de la CTSP aux autorités a trait à l’interdiction légale à un Young Worker d’effectuer un travail de niveau 4 du Risk Matrix des Risk Assessment Guidelines, en clair qu’il ne doit pas faire un travail où il y a un risque sérieux d’accident fatal. Selon les Risk Assessment Guidelines, un Young Worker est un travailleur de moins de 18 ans. « Les deux dernières demandes visent à réduire significativement les accidents du travail, ainsi bien des drames pourraient être évités », a commenté Jane Ragoo.
Auparavant, la présidente de la CTSP a expliqué le choix du thème de la journée, « No Green Jobs, without Decent Jobs and Decent Wage ». « Gouvernma finn angaz li dan proze Maurice Île Durable (MID), me eski kapav ena enn lil Moris durab kot ena green jobs san ki bann travayer ena enn travay desan ? Enn lil durab se pa zis enn pei kot respekte lanvironma, me sirtou kot respekte letre imin dan tou so dimension. Ce n’est pas possible qu’à son travail quelqu’un soit tenu de respecter l’environnement, mais une fois chez lui qu’il soit obligé, par exemple, de brûler le bois pour cuire à manger, parce que son salaire ne lui permet pas de s’acheter du gaz ou de payer l’électricité ».
Jane Ragoo a rappelé que la CTSP a activement participé aux ateliers de travail de MID, plus particulièrement les deux sur les thèmes “Équité” et “Emploi”. « Nou oule ki gouvernma kompran ki fode pa ki travayer sekter prive res a lekar de sa progre et sa developma ki proze MID supoze amene. Enn travayer bizin gagne enn saler ki permet li, par examp, aster enn pano soler ».
La présidente de la CTSP a rappelé qu’au moment même de cette célébration, le secrétaire de la confédération syndicale, Reeaz Chuttoo, est à Genève, où il remettra au Bureau international du travail un document sur « l’institutionnalisation de la précarité » à Maurice, depuis l’entrée en vigueur de l’Employment Rights Act et de l’Employment Relations Act. « Le travail précaire » est, cette année, le thème principal de la Journée mondiale pour le travail décent. « Enn travail preker, se pa enn travay desan ! » a-t-elle insisté.
Sharmila Dussoya (présidente de la Federation of Private Support Services and other Unions), René Lafond (président de la Federation of Trade Unions of the Construction, Wood and Metal Sector) et Khalick Gurrebn (président de la Federation of Trade Unions of the Chemical Sector) ont aussi, tour à tour, prononcé des messages de solidarité. Ces trois fédérations sont affiliées à la CTSP.
Auparavant, les membres de la CTSP ont défilé dans les rues de Rose-Hill avant de déposer des gerbes au Monument des travailleurs à côté du bureau de poste de la localité. Ce monument, construit en 2008 avec un amoncellement de divers outils des travailleurs, symbolise leur contribution au développement du pays.