Dans une lettre aux leaders des principaux partis politiques du pays, principalement Navin Ramgoolam (Chef de gouvernement et leader du Parti travailliste), Paul Bérenger (MMM) et Pravind Jugnauth (MSM), Jane Ragoo et Reeaz Chuttoo (respectivement présidente et secrétaire de la Confédération des travailleurs du secteur privé — CTSP), dénoncent le financement occulte des partis politiques. Elles proposent neuf mesures pour plus de transparence et d’« accountability » de la part de ces partis avant et après les élections.
« Avec des sources de financement opaques des partis politiques, le pouvoir de l’argent gangr?ne la d?mocratie ? Maurice ainsi que les comp?tences ? l’int?rieur de ces partis m?me », arguent Jane Ragoo et Reeaz Chuttoo aux leaders politiques du pays dans le cadre des débats sur la réforme électorale. « Le financement incontr?l? des partis politiques laisse la voie libre au blanchiment d’argent et au m?me pire. De nombreuses compagnies se font rackett?es durant les compagnes ?lectorales et, ? cause du chantage des partis politiques, sont oblig?es de leur donner des fonds », allèguent les animateurs de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP).
Jane Ragoo et Reeaz Chuttoo disent avoir découvert que de très nombreux Mauriciens ne savent pas que les partis politiques ne sont pas obligatoirement enregistrés et qu’ils n’ont aucune obligation légale de soumettre des copies de leurs comptes audités aux autorités compétentes du pays. « Dans sa grosse majorit?, la soci?t? civile mauricienne soutient que le financement des partis politiques ne peut plus se faire dans l’opacit? et sans avoir ? rendre compte ? qui que ce soit », avancent-ils.
Le sommet toutefois est atteint, selon la CTSP, après les élections : « Les soi-disant donateurs vont alors rechercher les retours sur leurs “investissements”, ce qui in?vitablement donne lieu ? du trafic d’influence et ? la politique des petits copains. Et cela n’encourage pas la bonne gouvernance dans les partis politiques, ni leurs responsabilit?s ? rendre compte de leurs actes (“accountability”) ».
La fédération syndicale rappelle qu’elle fait compagne depuis 2006 pour un financement transparent des partis politiques. Ils ont proposé neuf mesures pour davantage de transparence dans ce domaine (voir encadré).
Dans une déclaration au Mauricien, Reeaz Chuttoo se félicite de la convergence de vue entre la CTSP, le Joint Economic Council et Transparency International sur la question du financement des partis politiques. « Il ne peut y avoir un d?bat s?rieux sur la r?forme ?lectorale, sans aborder la question du financement des partis politiques », argue-t-il.