Une meilleure distribution des richesses du pays à travers l’institution d’un plan de partage des profits (« Profit Sharing Scheme ») en faveur des travailleurs du secteur privé. C’est ce que réclame, entre autres, la Confédération des travailleurs du secteur privé dans un mémoire soumis mercredi au vice-Premier ministre et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, dans le cadre des consultations prébudgétaires.
« 3 % des profits nets des entreprises (du privé) devraient être convertis en un “Profit Sharing Scheme” sous l’égide d’une “Corporate Employee Responsibility” à créer », peut-on lire dans le mémoire de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP) soumis mercredi à Xavier-Luc Duval, alors que ce dernier recevait les représentants des principaux dirigeants syndicaux du pays dans le cadre de ses consultations en vue de l’élaboration du Budget pour l’année 2013. Le VPM et ministre des Finances était entouré des ministres Shakeel Mohamed (Travail, Relations industrielles et Emploi) et Suren Dayal (Intégration sociale et Autonomisation économique).
« Ce plan de partage des profits d’une entreprise ouvre la voie à une distribution plus équitable des richesses du pays », ajoute le document.
Dans une déclaration au Mauricien, la présidente de la CTSP, Jane Ragoo, explique que cette demande au gouvernement s’appuie sur cette vérité connue de tous à l’effet « que les travailleurs sont un maillon indispensable à la création des profits des entreprises ». « Un gouvernement qui se targue à tout bout de champ de s’être donné comme devise de “Put the People First”, et de vouloir démocratiser l’économie, a là une occasion en or de rendre justice à ces centaines de travailleurs du pays qui sont à la base de notre croissance économique et de la création de la richesse de notre pays », ajoute-t-elle.
« Le gouvernement, à travers la Corporate Social Responsibility (CSR), a déjà institué dans nos lois cette responsabilité des entreprises envers la société en général. Notre proposition d’un “Profit Sharing Scheme” vise cette fois-ci à inscrire dans nos lois la responsabilité de ces mêmes entreprises envers leurs travailleurs qui sont le moteur même de leurs richesses. Il n’est par conséquent que justice qu’une partie des profits soit distribuée non seulement aux actionnaires, mais aussi aux travailleurs », argue Jane Ragoo.
Et la syndicaliste d’affirmer que très peu de patrons voudront mettre « volontairement » sur pied un « Profit Sharing Scheme », comme cela a été le cas avec la CSR, « d’où notre demande pour que le gouvernement passe une loi à cet effet ».
La CTSP a aussi réitéré sa demande pour l’institution d’un Portable Severance Allowance Fund dans lequel les employeurs devraient verser pour chaque mois de travail l’équivalent d’une journée de salaire de leurs employés. À leur mise à pied ou à leur retraite les travailleurs pourraient ainsi toucher une indemnité, même s’ils auront changé plusieurs fois d’employeurs durant leur carrière. « Cela aura pour effet d’encourager la mobilité de la main-d’oeuvre, de faire diminuer les disputes industrielles liées aux licenciements injustifiés. En effet cela va décourager les employeurs sans scrupule à avoir recours à ces renvois injustifiés car cela ne leur servira à rien », commente Jane Ragoo.
Les autres propositions de la CTSP sont, entre autres, l’introduction d’un salaire social minimum ; l’emploi des travailleurs étrangers et des travailleurs sous contrat à ne pas dépasser les 20 % de la main-d’oeuvre nationale ; l’amendement des nouvelles lois du travail ; l’introduction d’une maximum profit mark-up sur les aliments et les services essentiels ; une déduction fiscale pour les honoraires payés aux professionnels (avocats, notaire, médecin, architectes, etc.).