La soprano-colorature Elizabeth Vidal et le baryton André Cognet, de réputation internationale, ont exprimé leur coup de coeur pour le Théâtre de Port-Louis mercredi à une conférence en la résidence de l’ambassadeur de France à Floréal. Ils se disent prêts à donner des concerts afin de recueillir des fonds en vue d’apporter leur contribution à la restauration du plus vieux théâtre dans cette région du monde.
Elizabeth Vidal et André Cognet, en concert au théâtre Serge Constantin hier à l’initiative de la Cellule Culture et Avenir et du ministère de la Culture à l’occasion de la célébration du 45e anniversaire de l’indépendance de Maurice, se disent « écoeurés » par l’état du Théâtre de Port-Louis qu’ils ont visité cette semaine. « Laisser mourir un trésor équivaut à laisser mourir la culture dans cette île », ont-ils déclaré.
La soprano-colorature et le baryton ont rappelé que le théâtre est un carrefour culturel et peut servir de lieu de représentations à tous. Selon eux, la création théâtrale non plus n’a pas de barrière culturelle, tout en citant la mise en scène du Mahabarata par le Peter Brooks sur une scène théâtrale. Les deux artistes se sont dits très touchés par la beauté du Théâtre de Port-Louis, inauguré en juin 1822. Ils ont suggéré la création d’une fondation pour permettre aux bienfaiteurs d’apporter leur contribution.
« Je suis disposé à aider à la rédaction des statuts d’une telle fondation », a soutenu André Cognet. Et d’ajouter : « Notre contribution sera modeste, mais elle devrait encourager le déboursement d’un flot de liquide en provenance des banques. » Plusieurs personnalités, dont l’architecte spécialisé des bâtiments anciens le Professeur Braunfels, ont accepté de prêter mains fortes à la restauration du théâtre.
Les invités à la conférence animée par les deux artistes sur le thème « S’améliorer par la voix ou la technique vocale au service du bien-être » ont découvert avec admiration le travail considérable en matière de technique vocale et respiratoire pour produire des voix aussi sublimes que les leurs. « Les oiseaux chantent mais ils ne parlent pas, c’est là leur mode d’expression naturelle. Les humains crient, parlent, vagissent et aspirent à chanter mais  éprouvent des difficultés pour faire évoluer cet organe parlant vers un sublime instrument musical », explique Elizabeth Vidal.
« Cette mise en forme du cri brut suppose des mécanismes physiologiques hautement sophistiqués que notre conscience ne domine souvent que partiellement. La technique, c’est apprendre à identifier consciemment toutes les mises en oeuvre émotionnelles, nerveuses et musculaires qui font que ce don brut se transforme en chant qualitatif et libre. Ce qui passe par la maîtrise du souffle et de l’anxiété, de la tonicité diaphragmatique et la liberté laryngée, par l’optimisation de la projection par un juste travail labial, l’abolition des gestes parasites et la chasse à la surarticulation », souligne les deux artistes.
Elizabeth Vidal et André Cognet, qui sont constamment sollicités sur les scènes mondiales, consacrent 70 % de leur temps à la formation pédagogique. Ils sont professeurs attitrés aux Conservatoires nationaux de région de Nice et de Reuil Malmaison. Ils donnent également des masterclass à l’Académie internationale de Nice, au Performing Art Center de Hong Kong, au Young Artist Studio de l’Opéra de Miami, au Conservatoire national d’Athènes, dans les Université de Séoul et au Bolchoï.