Cancan, Froufrou, Extravaganza… le Théâtre d’État de Moscou a présenté, pendant une heure et demie, vendredi et samedi derniers, au J & J Auditorium, plus d’une vingtaine de numéros : de la variété à la saveur russe et des numéros de son propre répertoire national. Un pur moment de bonheur à la fois pour ceux qui découvraient le spectacle et pour ceux qui s’y connaissaient déjà et qui partagent des affinités avec la riche culture russe.
Le spectacle, d’une durée de 90 minutes, s’est déroulé en deux parties avec un entracte d’une demi-heure. Dès le lever du rideau, les artistes se sont succédé sur scène dans des beaux costumes, tantôt pour présenter un numéro folklorique ou classique russe, tantôt pour un numéro de variété, mais toujours avec une touche de leur savoir-faire russe. Dans les deux cas, le spectateur était transporté dans un ailleurs agréablement surprenant. Les solistes ont tout aussi bien séduit le spectateur par leur prestation vocale.
Dans un tout autre registre, celui-ci s’est laissé captiver par le clown présentant un numéro de diabolo avec une grande dextérité malgré un ratage ou encore par l’équilibriste/jongleur qui a marché sur des bouteilles mises en rang sur la scène.
Cependant, nulle ne contredira qu’il a fait le déplacement pour voir le Cancan ou le Froufrou, spectacle de cabaret, français à l’origine, et repris par le théâtre d’État de Moscou qui est connu pour être le Moulin rouge de la Russie.
C’est d’ailleurs la spécialité de ce théâtre qui a vu le jour en 1981. « À l’époque, faisait ressortir Alexey Sychev, chorégraphe et danseur, lors d’une rencontre avec la presse quelques jours plus tôt, en pleine guerre froide, les déplacements en dehors de l’Union soviétique était quasiment impossible. Par conséquent, la population était privée de toute culture étrangère. C’est ainsi que le théâtre de variété reprenant ce qui se faisait ailleurs a vu le jour. Le spectacle se jouait dans la clandestinité et c’est en 1991, lorsque le rideau de fer est tombé, qu’il s’est exposé sur la scène publique et s’est exporté ».
Samedi soir, le spectateur a dû attendre la deuxième partie du spectacle pour être gratifié de ces numéros. Quand le rideau s’est levé, c’est dans l’univers enchanteur des froufrous, des plumes rouges d’abord, qu’il s’est vu projeté. Une représentation de la beauté du corps relevée par les costumes brodés de pierres précieuses, de paillettes et de strass. Point de nudité ! Une prestation donnant l’impression au spectateur d’être au-devant d’ « un secret insaisissable » avec l’envie de voir se répéter, devant soi, la légende une fois de plus. Cette fois-ci, c’est dans un jeu de lumière d’un bleu intense, que les danseuses parées de plumes bleues dans des costumes similaires au numéro d’« Entrée » entoureront le majestueux « cygne » blanc pour faire montre de toute leur élégance et magnificence sur scène, sur une chanson d’un des solistes du groupe. L’entrain, la souplesse des corps et la précision au niveau de l’exécution des mouvements, surtout lorsqu’ils étaient aériens, du Cancan ont émerveillé le spectateur.
Le « Best variété show », concrétisé grâce à l’initiative de la compagnie événementielle Events in style, a été un vif succès.